Cette atteinte pulmonaire silencieuse touche 10 % des fumeurs

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Vous fumez et vous respirez normalement ? Ne vous fiez pas à cette impression. Une revue systématique publiée en mars 2026 dans Pulmonology montre que 10 % de la population présente une altération pulmonaire silencieuse appelée PRISm. Le tabac est l'un des principaux facteurs de risque, et les conséquences vont bien au-delà des poumons.

Le PRISm, une atteinte pulmonaire méconnue

Le PRISm, pour "Preserved Ratio Impaired Spirometry", désigne une anomalie détectée lors d'un test respiratoire (spirométrie) où la capacité pulmonaire est réduite alors que le rapport entre les volumes d'air expiré reste normal. Contrairement à la BPCO où ce rapport est altéré, le PRISm passe souvent inaperçu car il ne correspond pas aux critères classiques des maladies respiratoires.

L'équipe de Yiting Li a compilé les données de 24 études de cohorte pour établir la prévalence de cette condition et identifier ses facteurs de risque. Les résultats révèlent une situation préoccupante : une personne sur dix présente cette anomalie respiratoire sans le savoir.

Le PRISm n'est pas une maladie bénigne. Les personnes atteintes présentent un risque accru de décès prématuré et de complications cardiovasculaires. Cette condition représente un signal d'alerte que les fumeurs auraient tout intérêt à détecter précocement.

10 % C'est la proportion de la population qui présente un PRISm, une atteinte pulmonaire silencieuse souvent liée au tabac.

Le tabac, facteur de risque majeur

L'analyse des données confirme que le tabagisme est significativement associé au PRISm. Les fumeurs et ex-fumeurs présentent un risque nettement supérieur aux personnes n'ayant jamais fumé. Cette association persiste après ajustement sur les autres facteurs de risque comme l'âge ou l'obésité.

Le mécanisme est logique : la fumée de tabac provoque une inflammation chronique des voies respiratoires et des alvéoles pulmonaires. Même lorsque les critères de la BPCO ne sont pas atteints, les poumons subissent des dommages qui réduisent leur capacité. Le PRISm peut être considéré comme un stade précoce ou une forme particulière d'atteinte tabagique.

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, l'absence de symptômes respiratoires ne protège pas. L'étude montre que le PRISm n'est pas significativement associé aux symptômes respiratoires classiques comme la toux ou l'essoufflement. Les poumons souffrent en silence.

Un signal d'alerte cardiaque
Le PRISm est significativement associé à l'hypertension, au diabète et aux maladies cardiovasculaires. Les personnes atteintes cumulent souvent plusieurs facteurs de risque métaboliques. Le tabac joue probablement un rôle dans cette constellation de problèmes.

Un risque cardiovasculaire fortement augmenté

La découverte la plus préoccupante de cette méta-analyse concerne la mortalité. Les personnes présentant un PRISm ont un risque de décès cardiovasculaire augmenté de 82 % par rapport aux personnes ayant une fonction pulmonaire normale. Cette association est statistiquement robuste et persiste après ajustement sur les facteurs de confusion.

La mortalité toutes causes confondues est également augmentée, avec un risque multiplié par 1,84. Les poumons et le cœur sont intimement liés : une atteinte pulmonaire retentit sur la fonction cardiaque, et inversement. Le PRISm apparaît comme un marqueur de fragilité globale de l'organisme.

Ces données rejoignent ce que l'on sait des effets du tabac sur le système cardiovasculaire. Les mêmes toxines qui abîment les poumons endommagent également les artères, favorisant l'athérosclérose et les accidents cardiovasculaires.

Une évolution imprévisible

L'étude révèle que le PRISm peut évoluer de différentes manières. Entre 10 et 50 % des personnes atteintes retrouvent une fonction pulmonaire normale avec le temps, notamment si elles arrêtent de fumer. Entre 20 et 60 % restent stables. Mais entre 6 et 53 % évoluent vers une BPCO, la maladie pulmonaire chronique bien connue des fumeurs.

Cette variabilité souligne l'importance du dépistage et du suivi. Une personne identifiée comme ayant un PRISm peut encore inverser la tendance en modifiant son mode de vie. L'arrêt du tabac est la mesure la plus efficace pour stopper la progression vers la BPCO.

À l'inverse, continuer à fumer expose à une dégradation progressive de la fonction pulmonaire, avec à terme un essoufflement chronique, une dépendance à l'oxygène et une qualité de vie fortement altérée. La BPCO est aujourd'hui la troisième cause de décès dans le monde.

Point de vue de Christelle Lira
Je rencontre souvent des fumeurs qui me disent "je n'ai pas de problème de souffle". Cette étude montre que les poumons peuvent être atteints bien avant l'apparition des symptômes. L'auriculothérapie permet d'arrêter avant que les dégâts ne deviennent irréversibles. C'est maintenant qu'il faut agir, pas quand on sera essoufflé.

Comment détecter le PRISm ?

Le PRISm se détecte par une spirométrie, un test simple et indolore réalisable chez le médecin ou le pneumologue. Le patient souffle dans un appareil qui mesure le volume d'air expiré et la vitesse d'expiration. L'examen dure quelques minutes et ne nécessite aucune préparation particulière.

Les fumeurs de plus de 40 ans devraient demander ce test à leur médecin, même en l'absence de symptômes. La détection précoce d'un PRISm permet de mettre en place des mesures préventives avant que la situation ne s'aggrave. L'arrêt du tabac est la première d'entre elles.

En France, la spirométrie est remboursée par l'Assurance maladie lorsqu'elle est prescrite par un médecin. De nombreux cabinets de médecine générale sont équipés pour réaliser cet examen de dépistage.

Arrêter pour protéger ses poumons et son cœur

L'arrêt du tabac reste la mesure la plus efficace pour prévenir l'évolution du PRISm vers la BPCO et réduire le risque cardiovasculaire. Les bénéfices commencent dès les premières heures sans cigarette et s'accumulent avec le temps.

Chez les personnes déjà atteintes de PRISm, l'arrêt du tabac peut permettre une récupération partielle de la fonction pulmonaire. Les poumons ont une certaine capacité de réparation, à condition de leur en laisser le temps en supprimant l'agression quotidienne de la fumée.

La combinaison d'un sevrage tabagique et d'une activité physique régulière optimise les chances de récupération. L'exercice renforce les muscles respiratoires et améliore l'efficacité des échanges gazeux, compensant partiellement la perte de capacité pulmonaire.

Vous fumez depuis plusieurs années et vous souhaitez préserver vos poumons ? L'auriculothérapie laser peut vous aider à arrêter de fumer en une séance. Nos praticiennes vous accompagnent pour protéger votre capital respiratoire.

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Questions fréquentes

Le PRISm est-il réversible ?

Oui, dans certains cas. Entre 10 et 50 % des personnes atteintes retrouvent une fonction pulmonaire normale, notamment après l'arrêt du tabac. Mais ce n'est pas garanti, d'où l'importance d'agir le plus tôt possible.

Quelle différence avec la BPCO ?

Dans la BPCO, le rapport entre le volume expiré en une seconde et la capacité vitale est diminué (obstruction). Dans le PRISm, ce rapport est préservé mais les volumes absolus sont réduits (restriction). Le PRISm peut évoluer vers une BPCO si le tabagisme persiste.

Je ne tousse pas, mes poumons vont donc bien ?

Non, l'absence de toux ou d'essoufflement ne garantit pas des poumons sains. L'étude montre que le PRISm n'est pas associé aux symptômes respiratoires. Seule une spirométrie peut révéler une atteinte silencieuse.

À quel âge faire une spirométrie ?

Les recommandations varient, mais tout fumeur ou ex-fumeur de plus de 40 ans devrait en discuter avec son médecin. Un dépistage plus précoce peut être justifié en cas de tabagisme important ou de symptômes respiratoires.

Sources

Li Y. et al. Prevalence of preserved ratio impaired spirometry: A systematic review and meta-analysis. Pulmonology. Mars 2026. DOI : 10.1080/25310429.2026.2637311

Organisation mondiale de la santé. Chronic obstructive pulmonary disease (COPD) Fact Sheet.

Christelle Lira, thérapeute spécialisée en auriculothérapie laser et sevrage tabagique, exerce à La Teste-de-Buch et Bordeaux-Caudéran.