Le tabac et la cigarette sont à l’origine d’au moins 17 cancers, selon l’Institut national du cancer. Parmi eux figure le cancer du pancréas. Même sans fumer, il y a des risques pour les fumeurs passifs de développer ce type de cancer.
Entre 2010 et 2023, il y a eu une augmentation en France du taux d’incidence de ce cancer, particulièrement chez les femmes de plus de 50 ans. Il y aurait notamment un lien entre tabac et l’augmentation du cancer du pancréas. Les fumeurs auraient un risque environ deux à trois fois plus élevé de développer le cancer du pancréas par rapport aux non-fumeurs.
Les facteurs de risque du cancer du pancréas
Les facteurs de risque du cancer du pancréas vont être :
- Génétiques et héréditaires ;
- Environnementaux et sur le mode de vie : alimentation, activité physique et consommation de tabac ;
- D’autres facteurs contributifs comme l’âge, le diabète ou encore la pancréatite chronique.
Le rôle du tabac dans l’augmentation du cancer du pancréas est un fait, appuyé par de nombreuses études scientifiques. Que ce soit l’Institut national du Cancer ou encore la très célèbre American Cancer Society, de nombreux cas-témoins ont été recensés. L’American Cancer Society a notamment fourni une recherche, en suivant près d’un million d’individus sur plusieurs décennies. Celle-ci révèle que les fumeurs ont un risque d’environ deux à trois fois plus élevé de développer un cancer du pancréas par rapport aux non-fumeurs.
Le tabac serait responsable d’environ 20 à 30 % des cas de cancer du pancréas. Plus une personne fume intensément et pendant une longue période, plus le risque va être élevé. Par exemple, les fumeurs de longue date (ceux qui fument depuis plus de 20 ans) et consommant un paquet de cigarettes par jour, soit 20 cigarettes, vont présenter un risque beaucoup plus important de développer ce cancer. C’est également le cas pour les fumeurs de cigarettes roulés, qui seraient deux à quatre fois plus nocifs que les cigarettes industrielles.
Le cancer du pancréas et le tabac : pourquoi le tabac accentue le risque de ce cancer
Le tabac contient de nombreuses substances cancérigènes : entre 4 000 et 7 000 substances chimiques, comportant plus de 70 irritants et des produits toxiques pour la santé. Des substances contenues dans la cigarette comme le goudron, le monoxyde de carbone ou encore les nitrosamines, sont connus pour être cancérigènes. La cigarette contient notamment de l’ammoniac, de l’arsenic ou encore du cyanure d’hydrogène, lors de la combustion de celle-ci. Encore bien d’autres sont présentes !
Parmi ces substances, on retrouve les nitrosamines spécifiques au tabac (TSNA). Ces entités sont formées pendant le processus de fabrication du tabac : culture, séchage, fermentation puis combustion. Les plus étudiés parmis ces TSNA sont la la N-nitrosonornicotine (NNN) et la 4-(méthylnitrosamino)-1-(3-pyridyl)-1-butanone (NNK), car ce sont des composés identifiés comme hautement carcinogènes. Ils seront notamment actifs sur certains organes dans le développement de cancer, dont le pancréas : les poumons, l'œsophage ou encore la vessie.
Pour mieux comprendre le rôle de ces TSNA sur l’organisme, et comment ils peuvent favoriser le développement de cellules cancérigènes, voici les trois points sur leurs mécanismes d’actions :
- Des dommages à l’ADN: ces TSNA vont se lier à l’ADN des cellules pancréatiques, pour former des adduits. Cela va notamment altérer la structure et la fonction de l’ADN, qui va entraîner des mutations génétiques. Les cellules normales peuvent alors devenir des cellules cancéreuses.
- Inflammation et stress oxydatif: leur présence va favoriser une inflammation chronique ainsi qu’un stress oxydatif dans le tissu pancréatique. Si l’inflammation persiste, elle peut endommager les cellules.
- Perturbation des processus cellulaires, lié à l’ADN : les TSNA vont interférer dans les mécanismes de réparation de l’ADN et des processus de régulation cellulaire, qui va venir augmenter la probabilité de prolifération cellulaire incontrôlée, et ainsi la formation de tumeurs.
Les nitrosamines spécifiques au tabac sont extrêmement dangereuses et sont présentes dans la fumée du tabac. Il y a donc un risque même en tant que non-fumeur, pour les fumeurs passifs ! Et ce, notamment par leur capacité à endommager l’ADN des cellules pancréatiques et à perturber les processus cellulaires normaux.
Tabac et cancer : comment diminuer le risque du cancer du pancréas
Pour diminuer le danger du cancer du pancréas lorsqu’on est fumeur, il faut… réduire considérablement sa consommation de cigarette, jusqu’à l’arrêt total. Comme on l’a vu, les fumeurs ont un risque deux à trois fois plus élevé de développer un cancer du pancréas par rapport aux non-fumeurs. Certains se dirigent notamment vers la cigarette électronique afin de pallier leurs envies, et se sevrer du tabac. Cependant, les risques de rechute restent très forts.
Lorsqu’un fumeur arrête de fumer, celui-ci voit les risques de cancer du pancréas diminuer progressivement. Cependant, celui-ci reste supérieur à des personnes n’ayant jamais fumé. Après 5 ans d’arrêt, le risque se réduit de manière significative. De manière générale, on compte environ 10 à 15 ans après l’arrêt du tabac pour que le risque de cancer soit à un niveau comparable des non-fumeurs. Cela s’explique notamment par la réparation effectuée par le corps, notamment par les mécanismes de réparation de l’ADN, pour se débarrasser des toxines liées au tabac.
Les TSNA peuvent rester dans le corps et continuer à causer des dommages, même après l’arrêt du tabac. Bien que leur niveau diminue avec le temps, ils peuvent persister dans les tissus et continuer à poser un risque de transformation maligne des cellules.
Diminuer les risques de cancer et arrêter de fumer : se faire aider
Pour diminuer considérablement les risques de cancer, et les nombreuses sévices sur la santé, qu’il soit physique ou mental, il est très important de se faire aider pour arrêter de fumer.
Pour arrêter de fumer et reprendre un mode de vie équilibré et sain, en plus de la bonne volonté, il faut adopter les bons comportements afin de laisser cette mauvaise habitude, qui, comme chacun le sait, emporte de nombreuses vies.
Lorsque l’on décide d’arrêter de fumer, le véritable défi commence. Les symptômes de sevrage varient d’une personne à l’autre, mais une chose est certaine : il est essentiel de rester déterminé et de trouver des stratégies pour gérer l’envie de fumer. Cette envie peut persister pendant un certain temps après l’arrêt du tabac.
Les professionnels de santé conseillent au plus haut point aux fumeurs souhaitant arrêter de se faire accompagner par des professionnels de l’addiction, avec des centres de soins exclusifs comme Stop-Tabac. Car la cigarette est un véritable piège, qui se referme sur l’individu, notamment via la dépendance comportementale liée aux habitudes du fumeur.

