Arrêter de fumer triple vos chances de vaincre vos autres addictions

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On conseille souvent aux personnes dépendantes de traiter "une addiction à la fois". Une étude publiée dans JAMA Psychiatry en août 2025 renverse cette idée reçue. Les chercheurs du National Institutes of Health ont analysé les données de milliers d'Américains souffrant de plusieurs dépendances. Leur découverte : ceux qui arrêtent de fumer ont significativement plus de chances d'atteindre une rémission durable de leur addiction à l'alcool ou aux drogues. Le tabac n'est pas une béquille qui aide à tenir, c'est un frein qui empêche de guérir.

Une étude nationale qui change la donne

Les chercheurs du NIH ont exploité les données d'une vaste étude américaine sur le tabagisme et la santé. Ils ont suivi des adultes qui fumaient et qui souffraient également d'une dépendance à l'alcool ou à d'autres substances. L'objectif était de comprendre si l'arrêt du tabac influençait l'évolution de ces autres addictions.

Les résultats ont surpris même les spécialistes. Les participants qui avaient réussi à arrêter de fumer présentaient des taux de rémission de leur autre addiction nettement supérieurs à ceux qui continuaient à fumer. Cette association restait significative après ajustement pour l'âge, le sexe, le niveau socio-économique et la sévérité des dépendances.

Nora Volkow, directrice du National Institute on Drug Abuse, a commenté ces résultats : "Nous avons maintenant des preuves solides issues d'un échantillon national que l'arrêt du tabac prédit une meilleure récupération des autres troubles liés à l'usage de substances."

Un message clair pour les soignants
Les auteurs de l'étude recommandent d'associer systématiquement le sevrage tabagique aux programmes de traitement des addictions. Traiter le tabac en même temps que l'alcool ou les drogues améliore les chances de succès global.

Le cerveau addict : un système interconnecté

Pour comprendre ce résultat, il faut revenir aux mécanismes cérébraux de l'addiction. Toutes les substances addictives, qu'il s'agisse de nicotine, d'alcool, de cocaïne ou d'opioïdes, agissent sur le même circuit : le système de récompense. Ce réseau, centré sur le noyau accumbens et la libération de dopamine, gouverne le plaisir et la motivation.

Lorsqu'une personne est dépendante à plusieurs substances, son système de récompense est sollicité en permanence. La nicotine, consommée tout au long de la journée, maintient ce circuit dans un état d'activation chronique. Les pics de dopamine se succèdent, empêchant le cerveau de retrouver son équilibre naturel.

Arrêter de fumer permet au système de récompense de commencer à se restaurer. Les récepteurs dopaminergiques, désensibilisés par des années de stimulation, retrouvent progressivement leur sensibilité normale. Ce rééquilibrage facilite ensuite le sevrage des autres substances.

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Les fumeurs qui arrêtent le tabac multiplient leurs chances de rémission de leur autre addiction.

Source : Parks MJ et al. JAMA Psychiatry, 2025 — PubMed

Le mythe de la béquille

Pendant des décennies, une idée fausse a circulé dans les milieux de l'addictologie : il ne fallait pas demander aux patients de tout arrêter en même temps. Le tabac était considéré comme un "moindre mal", une béquille acceptable pendant le sevrage d'une substance plus dangereuse comme l'héroïne ou l'alcool.

Cette approche partait d'une intention bienveillante : ne pas surcharger le patient, éviter l'échec en multipliant les objectifs. Mais elle reposait sur une compréhension incomplète du fonctionnement cérébral. En maintenant la consommation de nicotine, on maintenait aussi l'activation des circuits addictifs, rendant paradoxalement plus difficile le sevrage de l'autre substance.

L'étude du NIH apporte la preuve que cette stratégie était contre-productive. Les données montrent clairement que l'arrêt du tabac facilite, et non complique, la guérison des autres dépendances.

Point de vue de Christelle Lira, thérapeute
Dans notre pratique, nous observons régulièrement ce phénomène. Les personnes qui viennent pour arrêter de fumer et qui consomment également de l'alcool de façon excessive nous rapportent souvent une diminution spontanée de leur consommation d'alcool après le sevrage tabagique. Le corps et l'esprit retrouvent un équilibre qui rend les autres substances moins attractives.

Le cercle vertueux du sevrage

Arrêter de fumer déclenche une cascade d'effets positifs qui facilitent l'abandon des autres substances. Le sommeil s'améliore, ce qui réduit l'irritabilité et renforce la capacité à gérer le stress. L'appétit se régule, stabilisant l'humeur. L'estime de soi augmente avec chaque jour sans cigarette, renforçant la confiance dans sa capacité à changer.

Ces bénéfices créent un cercle vertueux. Mieux dormir aide à résister aux envies. Se sentir fier de soi motive à poursuivre les efforts. Retrouver le goût des aliments réintroduit des plaisirs naturels qui remplacent progressivement les plaisirs artificiels des substances.

À l'inverse, continuer à fumer maintient un cercle vicieux. Les cycles de manque et de satisfaction entretiennent l'instabilité émotionnelle. Les rituels tabagiques rappellent constamment les autres rituels de consommation. Le cerveau reste prisonnier de ses schémas addictifs.

Cannabis et tabac : la double chaîne

Le lien entre tabac et autres addictions est particulièrement fort avec le cannabis. En Europe, la plupart des joints sont roulés avec du tabac. Cette pratique crée une double dépendance difficile à démêler : le consommateur devient accro à la fois à la nicotine et au THC.

Les symptômes de sevrage des deux substances se superposent et s'amplifient mutuellement. L'irritabilité, les troubles du sommeil, l'anxiété : difficile de savoir ce qui vient du manque de nicotine et ce qui vient du manque de THC. Cette confusion complique le sevrage et favorise les rechutes.

Traiter les deux dépendances simultanément, comme le suggère l'étude du NIH, permet de briser cette double chaîne d'un seul coup. Le sevrage est plus intense au début, mais la libération est plus complète et plus durable.

L'effet domino positif
Arrêter de fumer restaure les circuits cérébraux du plaisir et de la motivation. Cette restauration facilite ensuite l'abandon des autres substances en rendant au cerveau sa capacité à apprécier les récompenses naturelles.

Implications pour l'accompagnement

Ces résultats ont des implications directes pour la prise en charge des personnes souffrant de plusieurs addictions. Les professionnels de santé sont encouragés à proposer systématiquement un sevrage tabagique aux patients traités pour une dépendance à l'alcool ou aux drogues.

Les centres de soins en addictologie intègrent de plus en plus cette approche globale. Plutôt que de hiérarchiser les substances et de traiter "la plus dangereuse d'abord", ils proposent un accompagnement simultané de toutes les dépendances.

L'auriculothérapie s'inscrit parfaitement dans cette logique. La stimulation des points auriculaires agit sur les circuits de la dépendance de manière globale, sans distinguer entre les substances. Une même séance peut aider à réduire les envies de tabac, d'alcool ou de cannabis.

Commencer par le tabac : une stratégie gagnante

Pour les personnes concernées par plusieurs addictions, l'étude du NIH offre une piste claire : commencer par arrêter de fumer peut être la clé qui ouvre toutes les autres portes. Le tabac est souvent perçu comme l'addiction la plus "banale", la moins grave. Paradoxalement, c'est peut-être celle dont le sevrage apporte le plus de bénéfices en cascade.

Arrêter de fumer, c'est reprendre le contrôle. C'est prouver à soi-même qu'on est capable de résister à une envie puissante, plusieurs fois par jour, pendant des semaines puis des mois. Cette victoire quotidienne construit la confiance nécessaire pour affronter les autres batailles.

Les bénéfices de l'arrêt du tabac sont visibles rapidement : meilleur souffle, meilleur sommeil, meilleure peau, meilleure humeur. Ces améliorations tangibles motivent à poursuivre l'effort et à l'étendre aux autres domaines de la santé.

Vous souhaitez arrêter de fumer et retrouver votre liberté face à toutes vos dépendances ? Nos praticiens vous accompagnent avec une méthode naturelle qui agit sur les circuits de l'addiction. Prenez rendez-vous dans l'un de nos cabinets ou appelez le 06 59 98 19 39.

Faut-il arrêter toutes les substances en même temps ?

L'étude montre que l'arrêt du tabac facilite le sevrage des autres substances, mais chaque situation est unique. Un accompagnement personnalisé permet de définir la meilleure stratégie selon le profil de la personne, la sévérité des dépendances et les ressources disponibles.

Combien de temps faut-il pour que le cerveau récupère ?

Les premiers bénéfices neurologiques apparaissent dès les premières semaines d'arrêt. La restauration complète des récepteurs dopaminergiques peut prendre plusieurs mois. Plus le sevrage est précoce et complet, plus la récupération est rapide.

L'auriculothérapie peut-elle aider pour plusieurs addictions ?

La stimulation auriculaire agit sur les circuits cérébraux de la dépendance de manière globale. Elle peut accompagner le sevrage de plusieurs substances simultanément, en réduisant les symptômes de manque et en facilitant la période de transition.

Source :

Parks MJ, et al. Cigarette Smoking During Recovery from Substance Use Disorders. JAMA Psychiatry. Août 2025. DOI: 10.1001/jamapsychiatry.2025.1976

Christelle Lira, thérapeute spécialisée en réflexologie auriculaire, accompagne les personnes souhaitant se libérer de leurs addictions dans ses cabinets de La Teste-de-Buch et Bordeaux-Caudéran.