Depuis 2018, j'accompagne chaque jour des fumeurs dans leur sevrage. Des hommes et des femmes de tous âges, de tous milieux, qui franchissent la porte de mes centres à Bordeaux-Caudéran, La Teste-de-Buch ou Enghien-les-Bains avec la même question : « Est-ce qu'il n'est pas trop tard pour moi ? »
Aujourd'hui, je peux leur répondre avec des données scientifiques solides. Non, il n'est jamais trop tard. Et les découvertes de 2025-2026 le prouvent de manière spectaculaire.
Vapotage et tabac combinés : un risque multiplié par quatorze chez les jeunes
Cette information, je la partage systématiquement avec mes patients. Beaucoup viennent me voir en pensant que vapoter « en plus » de fumer réduit les risques. L'étude publiée le 6 janvier 2026 dans la revue Frontiers in Oncology par des chercheurs de l'Ohio State University démontre exactement l'inverse.
Les chercheurs Marisa A. Bittoni, David P. Carbone et Randall E. Harris ont comparé 256 jeunes adultes de moins de 50 ans atteints d'un cancer du poumon à 2 921 sujets témoins. Les résultats sont sans appel.
contre × 5,0 pour le tabagisme seul
L'odds ratio pour les personnes qui vapotent et fument simultanément atteint 13,8 (intervalle de confiance à 95 % : 7,7-24,9). C'est 2,8 fois supérieur au risque du tabagisme seul. Autrement dit : le double usage ne divise pas les risques, il les multiplie.
Dans ma pratique quotidienne, je rencontre de plus en plus de vapoteurs qui continuent à fumer quelques cigarettes par jour. Ils se croient protégés. Quand je leur montre ces chiffres, leur regard change. Les adénocarcinomes pulmonaires, qui représentent 72 % des cancers précoces dans cette étude, affichent un risque multiplié par 14,8 chez ces doubles utilisateurs. C'est considérable.
Cette étude confirme des travaux antérieurs de la même équipe, publiés dans le Journal of Oncology Research and Therapy, qui avaient observé un risque de cancer du poumon multiplié par 58,9 chez les fumeurs chroniques vapoteurs, contre 13,9 pour les fumeurs chroniques non vapoteurs.
Tarlatamab : cinq mois de survie gagnés dans les cancers les plus agressifs
En novembre 2025, la Food and Drug Administration américaine a accordé son approbation complète au tarlatamab (commercialisé sous le nom d'Imdelltra), premier médicament à démontrer un bénéfice significatif de survie globale en deuxième ligne de traitement du cancer du poumon à petites cellules.
L'essai de phase 3 DeLLphi-304, publié dans le New England Journal of Medicine le 2 juin 2025, a randomisé 509 patients dont la maladie avait progressé après une chimiothérapie à base de platine.
et une réduction de 40 % du risque de décès
Cinq mois de vie supplémentaires. Ce chiffre peut sembler modeste à ceux qui n'ont jamais été confrontés à la maladie. Pour les patients et leurs familles, c'est un monde.
Le tarlatamab réduit le risque de décès de 40 %. Les taux de survie à 12 mois atteignent 53 % dans le bras tarlatamab contre 37 % dans le bras chimiothérapie. Les effets indésirables de grade 3 ou plus sont moins fréquents : 27 % contre 62 %.
La découverte qui change tout : vos poumons peuvent se régénérer
C'est l'étude que je cite le plus souvent à mes patients. Celle qui leur redonne espoir.
Une recherche publiée dans Nature par le Wellcome Sanger Institute et l'University College London a séquencé l'ADN de 632 cellules bronchiques individuelles prélevées chez 16 personnes : fumeurs actifs, ex-fumeurs, non-fumeurs et enfants.
Les résultats révèlent que plus de 9 cellules sur 10 chez les fumeurs actifs portent entre 1 000 et 10 000 mutations supplémentaires causées par le tabac. Cependant, chez les ex-fumeurs, une proportion significative de cellules ne présentait aucune trace des dommages liés à des décennies de tabagisme. Ces cellules représentent jusqu'à 40 % des cellules pulmonaires chez les ex-fumeurs, contre environ 10 % chez les fumeurs actifs.
Le Dr Peter Campbell, co-auteur de l'étude, souligne que certains participants avaient fumé plus de 15 000 paquets au cours de leur vie. Quelques années après avoir arrêté, de nombreuses cellules de leurs voies respiratoires ne montraient pourtant aucune preuve de dommage. Quand je partage ces données avec un patient de 60 ans qui fume depuis 40 ans, je vois son regard changer. L'espoir revient. Et l'espoir, c'est le carburant de la motivation.
Le cerveau aussi se répare
Une étude publiée en octobre 2025 dans The Lancet Healthy Longevity par Mikaela Bloomberg et ses collègues de l'University College London a analysé 18 années de données cognitives chez plus de 9 000 participants de 40 ans et plus, issus de 12 pays.
Les trajectoires cognitives (mémoire et fluence verbale) s'améliorent significativement après le sevrage tabagique, même lorsque celui-ci intervient tardivement dans la vie.
Beaucoup de mes patients me disent que la cigarette les aide à se concentrer. C'est une illusion. La nicotine crée un faux sentiment de calme qui masque en réalité un cycle de manque et de soulagement temporaire. L'arrêt permet au cerveau de restaurer progressivement sa production de neurotransmetteurs.
Le paradoxe de la « petite cigarette »
« Je ne fume que cinq cigarettes par jour, c'est pas grave. » J'entends cette phrase plusieurs fois par semaine dans mes centres.
Les données épidémiologiques sont formelles : si l'on triple la dose quotidienne de tabac, le risque de cancer bronchique est multiplié par 3. Mais si l'on triple la durée du tabagisme, ce risque est multiplié par 1 000. La durée compte infiniment plus que la quantité.
Une méta-analyse publiée dans le BMJ établit qu'une seule cigarette par jour augmente le risque d'infarctus de 48 % chez l'homme et de 57 % chez la femme. Il n'existe pas de seuil de sécurité.
Onze nouvelles molécules approuvées depuis 2024
Le paysage thérapeutique du cancer du poumon non à petites cellules a connu une transformation sans précédent. Depuis 2024, onze médicaments ont reçu l'approbation de la FDA.
Ces avancées sont remarquables. Mais elles ne doivent pas faire oublier l'essentiel : le meilleur traitement du cancer du poumon reste de ne jamais l'avoir. Chaque patient que j'aide à arrêter de fumer, c'est potentiellement un cancer évité. C'est ce qui donne du sens à mon travail depuis 2018.
Programme IMPULSION et réglementation 2026
L'Institut national du cancer a lancé en janvier 2025 le programme pilote IMPULSION pour démontrer l'intérêt d'un dépistage organisé du cancer du poumon chez 20 000 volontaires à haut risque.
À partir du 1er avril 2026, les sachets de nicotine seront interdits à la vente en France.
Depuis le 1er juillet 2025, l'interdiction de fumer a été étendue aux parcs, plages, abribus et abords des écoles.
En résumé
Les avancées thérapeutiques de 2025-2026 offrent des perspectives inédites. Le tarlatamab prolonge la survie de plus de cinq mois. L'immunothérapie préopératoire guérit des patients autrefois condamnés. Les thérapies ciblées transforment certains cancers métastatiques en maladies chroniques contrôlables.
Mais les études récentes délivrent un message tout aussi important : il n'est jamais trop tard pour arrêter de fumer. Les bénéfices commencent immédiatement et se poursuivent pendant des années.
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Sources
Frontiers in Oncology (janvier 2026) • New England Journal of Medicine (juin 2025) • Nature – Wellcome Sanger Institute • The Lancet Healthy Longevity (octobre 2025) • BioRxiv (septembre 2025) • ASCO 2025 • ESMO 2025 • FDA • Institut Curie • Institut national du cancer.
À propos de l'auteure
Christelle Lira est réflexologue auriculaire au laser, spécialisée dans l'addiction au tabac, au cannabis et à la vapote. Diplômée du Centre d'études et de formations en énergétique chinoise, elle a fondé les Centres Laser Stop Tabac en 2018. Elle exerce à La Teste-de-Buch et Bordeaux-Caudéran.

