- Sport et monoxyde de carbone du tabac : Un duo perdant
- Sport et nicotine : Diminution de l’endurance et augmentation du risque de malaise (voire de décès)
- Tous les risques du tabagisme sont présents, aussi bien chez les sportifs que les non-sportifs
- Sport et arrêt du tabac : une synergie gagnante
- Règles à respecter lorsqu’on est fumeur et sportif pour limiter les dégâts
Qui n’a jamais croisé ce coureur matinal qui, juste après avoir arrêté son chrono, s’empresse de s’en griller une, convaincu qu’après sa séance de jogging, les effets néfastes de sa dernière cigarette s’évaporent ? Ou cet ami qui, après avoir allumé sa cigarette, évoque avec fierté ses exploits sportifs du week-end.
Nombreux sont ceux qui pensent que le sport, l’activité physique de façon générale, peut contrebalancer les dangers du tabagisme. Une sorte de compromis santé, si vous voulez.
Mais cette idée tient-elle vraiment la route ? Est-il réellement moins dangereux de fumer lorsqu’on fait du sport ? Sans trop de suspens, la réponse à cette question est un NON catégorique ! Nous vous démontrons dans le présent article qu’il est totalement faux de croire que le sport peut contrebalancer les méfaits du tabagisme, et que la seule vraie solution est le sevrage !
Sport et monoxyde de carbone du tabac : Un duo perdant
Quand vous faites du sport, vos muscles ont besoin d’une chose essentielle : l’oxygène. Or, si vous fumez, cette belle harmonie est perturbée. Comment ? Voici quelques explications :
- Dans vos poumons
Fumer, c’est comme mettre du sable dans une machine bien huilée. Vos bronches s’irritent, se resserrent, et les petites poches d’air de vos poumons, les alvéoles, fonctionnent moins bien.
De plus, une couche de goudron, composée d’éléments extrêmement nocifs issus de la fumée du tabac, se forme au niveau de la membrane pulmonaire (lieu où les échanges gazeux s’effectuent entre le sang et l’air).
Moins d’échanges d’oxygène = moins d’oxygène pour les muscles. Or, les muscles ont besoin d’une quantité importante d’oxygène pour fonctionner correctement, en particulier lorsque vous faites des efforts physiques. Résultat : vos muscles fonctionnent moins bien et vos performances sportives en pâtissent.
- Dans votre sang
Le vrai coupable ici est le monoxyde de carbone (CO). Quand vous fumez, il s’invite dans votre sang et prend la place de l’oxygène. Pourquoi ? Parce qu’il adore se coller à l’hémoglobine, la molécule qui transporte l’oxygène, bien plus que l’oxygène lui-même (on dit qu’il a une plus forte affinité pour l’hémoglobine que l’oxygène). Conséquence ? Vos tissus reçoivent moins d’oxygène, ce qui se répercute négativement sur leur fonctionnement.
- Dans vos muscles :
Le CO (monoxyde de carbone) ne s’arrête pas là. Il se lie aussi à la myoglobine, qui transporte l’oxygène dans les muscles. Résultat : vos muscles ont encore moins d’oxygène, rendant les efforts physiques plus difficiles.
- Au niveau cellulaire
Le CO perturbe aussi la respiration de vos cellules, favorisant la production d’acide lactique. Vous savez, cette sensation de brûlure dans les muscles lors d’un effort ? C’est en partie lui qui en est responsable. Ainsi, les fumeurs ont tendance à avoir plus de courbatures que les non-fumeurs.
- Pour votre cœur
Avec moins d’oxygène, votre cœur doit travailler plus dur, battre plus vite. Et comme le cœur d’un fumeur quotidien est déjà plus sollicité au repos, son endurance est limitée pendant l’effort.
- Dans vos artères
Fumer altère la capacité de vos artères à se dilater pendant l’effort. Cela limite la quantité de sang qui peut circuler vers vos muscles et votre cœur.
Si vous fumez régulièrement, tous ces effets combinés réduisent considérablement votre capacité d’endurance. Mais il y a une lueur d’espoir : si vous arrêtez de fumer, l’excès de CO disparaît en environ 24 heures. Vos performances peuvent s’améliorer rapidement. Alors, si vous cherchez une raison d’arrêter, pensez à l’impact immédiat et positif sur vos performances sportives !
Sport et nicotine : Diminution de l’endurance et augmentation du risque de malaise (voire de décès)
La nicotine, présente dans les cigarettes, agit comme un stimulant pour certains récepteurs du cœur et des artères, de manière similaire à l’adrénaline.
Ainsi, lorsqu’on allume une cigarette, on observe un rétrécissement des artères, une accélération du rythme cardiaque et une montée de la pression artérielle. Lorsqu’on ajoute à cela les effets naturels de l’exercice physique, les performances sportives peuvent s’en trouver diminuées.
Résultat ? Une sensation d’essoufflement prématuré, une fatigue accrue, et parfois même un malaise.
L’une des conséquences les plus graves est le risque d’infarctus, dû à des spasmes artériels sur des artères cardiaques rétrécies. Bien que ces rétrécissements soient plus courants chez les personnes de plus de 50 ans, généralement causés par un excès de cholestérol et une inflammation due à la fumée de tabac, les jeunes ne sont pas à l’abri. Certains sportifs fumeurs ont connu des infarctus malgré des artères apparemment saines !
De plus, la fumée de cigarette est riche en radicaux libres, nocifs pour les parois artérielles. Ces radicaux favorisent l’accumulation de dépôts sur les parois, rendant ces dernières rugueuses. Cette détérioration peut mener à la formation d’un caillot sanguin, principal responsable de l’infarctus.
Ces complications peuvent survenir n’importe quand, surtout si on est déshydraté — une situation courante après l’effort physique.
Ainsi, même une cigarette que l’on pourrait juger « sans conséquence », comme celle partagée après un match entre amis, peut s’avérer dangereuse.
Tous les risques du tabagisme sont présents, aussi bien chez les sportifs que les non-sportifs
En France, le tabagisme représente la première cause de mortalité évitable, principalement par pathologies cardiovasculaires et cancers. On estime à 75 000 le nombre de décès par an liés au tabagisme, soit 200 décès par jour ! Bien évidemment, les fumeurs sportifs sont tout aussi exposés que les non-sportifs aux méfaits du tabagisme sur la santé.
Nous vous rappelons que le tabagisme c’est :
- 8 millions de décès par an dans le monde (7 millions par tabagisme actif, et environ 1,3 million par exposition à la fumée secondaire ou tabagisme passif) [1].
- 10 ans en moyenne de réduction de l’espérance de vie [2].
- 44 000 décès annuels par cancer en France. Dans le cas des hommes, un cancer sur trois découle directement du tabagisme [3].
- 18 000 décès annuels par maladie cardiovasculaire attribuables au tabagisme en France. La majorité des personnes touchées par une crise cardiaque avant l’âge de 50 ans sont des fumeurs [3].
- 8 000 décès annuels en France dus à des complications respiratoires [3].
Sport et arrêt du tabac : une synergie gagnante
Le tabagisme et le sport ne font pas bon ménage, ça c’est clairement établi. En revanche, le sport représente un allié précieux et un soutien de taille pour les personnes désirant arrêter de fumer.
Les atouts du sport dans le cadre d’un sevrage tabagique [4] — [6] :
- Atténuation du besoin de nicotine : se dépenser physiquement conduit à la sécrétion d’endorphines, véritables boosters d’humeur. Ces hormones naturelles peuvent combler le vide laissé par l’absence de nicotine.
- Un souffle retrouvé : en persistant dans l’effort, nos poumons retrouvent vigueur et performance. Les personnes ayant cessé de fumer témoignent souvent d’une amélioration notable de leur respiration, particulièrement lorsqu’elles maintiennent une routine sportive.
- Lutte contre le stress : beaucoup fument pour gérer leur stress. Or, le sport, par son effet apaisant et ses endorphines, est une alternative saine à cette gestion du stress, sans les conséquences négatives du tabac.
- Cultiver sa détermination : se fixer des défis sportifs peut être un moteur pour renforcer sa motivation. Chaque petite victoire sportive rappelle que tout est possible avec de la volonté.
- Installer de nouvelles habitudes : en se créant une routine sportive, on se forge un quotidien différent, éloigné des tentations tabagiques. Et si, au lieu d’une pause cigarette, on optait pour quelques pas à l’extérieur ou des exercices de respiration ?
- L’importance du collectif : pratiquer un sport en équipe ou adhérer à un club est l’occasion de s’entourer. Avoir à ses côtés des partenaires ayant des aspirations saines peut renforcer le désir de vivre sans tabac.
Pour résumer, s’adonner à une activité physique régulière est une arme redoutable pour tous ceux qui souhaitent dire adieu au tabac. Malgré les obstacles qui peuvent se dresser sur la route de l’arrêt, le sport est un pilier sur lequel s’appuyer pour mener ce combat et envisager une vie plus saine.
Règles à respecter lorsqu’on est fumeur et sportif pour limiter les dégâts
Si vous êtes fumeur et passionné de sport, voici quelques astuces à garder en tête pour allier les deux, même si, entre nous, arrêter la cigarette serait l’idéal !
- Consultez votre médecin ! : si vous envisagez de vous lancer dans une activité sportive ou d’intensifier votre rythme, passez voir votre médecin. Il vous dira sûrement d’arrêter de fumer… Mais si vous n’êtes pas encore assez motivé pour ça, il saura mieux que quiconque vous conseiller en fonction de votre condition physique et psychologique.
- L’eau, c’est la vie : la nicotine, c’est sournois, ça déshydrate. Donc, n’oubliez pas votre gourde quand vous allez courir ou faire du sport ! Rester hydraté permet de limiter le risque d’incident cardiovasculaire durant l’effort.
- Évitez la clope juste avant le sport : fumer avant de transpirer, c’est comme essayer de courir avec un sac à dos rempli de briques. Ça réduit l’oxygène pour les muscles, ce qui n’est clairement pas l’idéal [7] ! De même, fumer juste après un effort physique est fortement déconseillé, car cela empêche la récupération et peut même provoquer une mort subite !
- Pensez à l’échauffement : si vous fumez, vos muscles ont encore plus besoin d’un bon échauffement pour éviter les blessures.
- Écoutez-vous : si vous vous sentez essoufflé ou si vous avez du mal à respirer, faites une pause. Et si ça persiste, consultez votre médecin dans les meilleurs délais.
- Choisissez des sports cool : les marathons ou les sports intenses, ce n’est peut-être pas l’idéal pour commencer. Essayez d’abord des activités plus douces.
- Attention aux signaux d’alerte : douleurs dans la poitrine, vertiges… Si ça vous arrive, arrêtez tout et parlez-en à un médecin.
- Ménagez-vous : après le sport, votre corps a besoin de repos, surtout si vous fumez. Accordez-vous des jours off.
- Mangez bien : le sport, c’est bien. Avec une alimentation équilibrée, c’est encore mieux, particulièrement lorsqu’on est fumeur.
Faire du sport ne rend absolument pas moins dangereux le tabagisme ! Les méfaits de ce dernier sur le système respiratoire, le cœur, les artères et les cellules, alliés à une diminution des performances sportives, sont irréfutables.
La réalité est que le tabac et le sport sont antagonistes en matière de bienfaits pour la santé. Si le sport constitue un formidable outil pour ceux qui souhaitent arrêter de fumer, la coexistence entre ces deux activités, sport et tabagisme, est loin d’être harmonieuse.
Pour ceux qui ne sont pas encore prêts à dire adieu à la cigarette, il est crucial de suivre des précautions pour limiter les risques associés à cette combinaison : bien s’hydrater et s’alimenter, éviter de fumer directement après ou juste avant l’effort physique, consulter régulièrement son médecin…
En fin de compte, choisir une vie saine implique de prioriser notre bien-être, et l’arrêt du tabagisme demeure le choix le plus judicieux pour garantir une pratique sportive optimale et une vie en pleine santé.
Malgré ces risques irréfutables, la question demeure pour beaucoup : peut-on avoir un bon cardio en fumant ? L'article a clairement démontré l'antagonisme entre cigarette et sport. Des habitudes particulièrement dangereuses, comme fumer avant sport ou fumer apres le sport, augmentent significativement les risques cardiovasculaires. Pour ceux qui veulent continuer à fumer et courir, il est essentiel de comprendre l'impact sur leurs performances. Si vous vous interrogez sur votre consommation et ses conséquences, notamment si vous avez l'impression de fumer "trop", consultez le comportement type d'un fumeur régulier et les symptômes associés.
Que vous fumiez 3 cigarettes par jour et sport ou un paquet entier, la relation sport et tabac est toujours toxique pour votre santé et vos performances. La seule voie vers l'optimisation des performances est l'arrêt total. Pour cela, des solutions comme le laser anti-tabac peuvent vous aider à vous libérer de la dépendance physique. Si vous souhaitez en finir avec la dépendance en une seule séance et maximiser vos capacités, n'hésitez pas à consulter l'un de nos centres spécialisés pour un accompagnement personnalisé vers une vie sans tabac.
Références
- « Tabac ». Consulté le : 24 octobre 2023. [En savoir +].
- « Diminution de la durée et de la qualité de vie - Québec sans tabac ». Consulté le : 26 octobre 2023. [En savoir +].
- « Tabac en France : premières estimations régionales de mortalité attribuable au tabagisme en 2015 ». Consulté le : 25 octobre 2023. [En savoir +].
- J. Perriot, « Effets sur la santé de l’arrêt du tabagisme. », Rev. Prat. - Médecine Générale, vol. 20, p. 1275‑1278, nov. 2006.
- J. Daver et R. Biermé, « Bénéfices à court et à long termes de l’arrêt de la consommation de tabac », Ann. Cardiol. Angéiologie, vol. 50, no 4, p. 224‑228, janv. 2001, doi: 10.1016/S0003-3928(01)00022-1.
- E. Marijon et al., « Prévention de la mort subite du sportif : état des lieux », Arch. Mal. Coeur Vaiss. - Prat., vol. 2021, no 299, p. 2‑9, juin 2021, doi: 10.1016/j.amcp.2021.04.003.
- « Tabac et sport, ne fumez ni avant ni après ! », IRBMS. Consulté le : 28 octobre 2023. [En savoir +].

