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Vapotage : l'ANSES alerte sur des risques même sans nicotine
ExpiréL'Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) vient de publier un rapport alarmant : la cigarette électronique présente des risques cardiovasculaires, respiratoires et cancérogènes, même sans nicotine. Une mise en garde officielle qui confirme ce que les études internationales révèlent depuis 2025.
Depuis plusieurs années, je reçois dans mes centres des patients qui pensent avoir trouvé la solution miracle : la cigarette électronique. « C'est juste de la vapeur d'eau », m'assurent-ils. « Il n'y a pas de combustion, donc pas de danger. » Le rapport de l'ANSES publié le 4 février 2026 vient balayer ces idées reçues avec une rigueur scientifique sans appel.
Car non, l'absence de combustion ne signifie pas l'absence de risques. Et non, retirer la nicotine ne rend pas le vapotage inoffensif.
3 millions de Français vapotent quotidiennement : un phénomène de masse
Selon le Baromètre de Santé publique France 2024, plus de 6 adultes sur 100 vapotent chaque jour en France. Ce chiffre représente plus de 3 millions de personnes exposées quotidiennement aux émissions des cigarettes électroniques.
(double usage vapotage + cigarette)
L'enquête de l'ANSES révèle que 74 % des vapoteurs adultes vapotent tous les jours, 79 % utilisent un liquide contenant de la nicotine, et 59 % vapotent depuis plus de deux ans. Le vapotage n'est plus une mode passagère : c'est une habitude installée dans la durée.
Dans ma pratique, je constate que beaucoup de patients viennent me voir après des années de vapotage. Ils ont souvent commencé pour arrêter de fumer, mais n'ont jamais franchi l'étape suivante : arrêter de vapoter. Le sevrage transitoire est devenu une addiction permanente. C'est exactement ce contre quoi l'ANSES met en garde.
Des risques confirmés même sans nicotine : la révélation du rapport ANSES
C'est le point central du rapport de février 2026 : les risques sanitaires existent avec ou sans nicotine. L'Agence conclut à la survenue possible d'effets sur les voies respiratoires, le système cardiovasculaire et la cancérogenèse, indépendamment de la présence de nicotine dans les produits.
Comment est-ce possible ? Par l'inhalation répétée d'aldéhydes toxiques qui se forment lors du chauffage du e-liquide : formaldéhyde, acroléine, acétaldéhyde, furfural, glyoxal, propionaldéhyde. Ces substances sont reconnues pour leurs effets toxiques, notamment cancérogènes.
dont le formaldéhyde, classé cancérogène certain
L'ANSES précise que ces substances sont « toujours présentes dans les émissions des produits du vapotage ». Autrement dit : quel que soit le e-liquide utilisé, vous inhalez des substances nocives.
Vapotage + tabac : un risque de cancer multiplié par 14
Une étude publiée le 6 janvier 2026 dans la revue Frontiers in Oncology par des chercheurs de l'Ohio State University apporte des données encore plus préoccupantes sur le double usage.
Les chercheurs Marisa A. Bittoni, David P. Carbone et Randall E. Harris ont comparé 256 jeunes adultes de moins de 50 ans atteints d'un cancer du poumon à 2 921 sujets témoins.
(vapotage + tabac) contre × 5,0 pour le tabagisme seul
Ce chiffre est considérable : le double usage ne divise pas les risques, il les multiplie par près de trois par rapport au tabagisme seul. Les adénocarcinomes pulmonaires, qui représentent 72 % des cancers précoces dans cette étude, affichent un risque multiplié par 14,8 chez les doubles utilisateurs.
Quand je présente ces données à mes patients qui vapotent « en complément » de leurs cigarettes, leur réaction est toujours la même : l'incompréhension, puis l'inquiétude. Beaucoup pensaient réduire leur risque en diminuant leur consommation de cigarettes grâce à la vapote. C'est exactement l'inverse qui se produit.
Les vaisseaux sanguins attaqués : les preuves s'accumulent
En avril 2025, des études financées par les National Institutes of Health (NIH) américains ont démontré que l'usage prolongé de cigarettes électroniques altère significativement la fonction des vaisseaux sanguins, augmentant le risque de maladies cardiovasculaires.
Le Pr Matthew L. Springer, de l'Université de Californie à San Francisco, a dirigé ces recherches sur 120 volontaires. Ses conclusions sont sans équivoque : « Les utilisateurs chroniques de cigarettes électroniques présentent une altération de la fonction vasculaire qui peut les exposer à un risque de maladie cardiaque similaire à celui des fumeurs chroniques. »
Fait remarquable : les mécanismes de toxicité diffèrent entre vapotage et tabac. Le double usage cumule donc les deux types d'atteintes vasculaires.
BPCO : le vapotage double le risque même chez les non-fumeurs
Une analyse de la Johns Hopkins Medicine publiée en avril 2025, portant sur près de 250 000 personnes, a établi un lien direct entre vapotage exclusif et broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO).
même sans antécédent de tabagisme
Cette étude longitudinale est l'une des premières à démontrer clairement les risques à long terme du vapotage seul. « C'est la première grande étude à prouver de manière claire que le vapotage seul peut entraîner une BPCO », souligne le Dr Stuart Jones, pneumologue.
Les puffs : une porte d'entrée vers l'addiction chez les jeunes
Les puffs, ces cigarettes électroniques jetables aux arômes fruités et aux emballages colorés, ont déferlé sur le marché français depuis 2020. Malgré l'interdiction de vente aux mineurs, 1 adolescent sur 10 âgé de 13 à 16 ans déclare avoir déjà testé une puff, selon l'Alliance Contre le Tabac.
Face aux dangers sanitaires et environnementaux, la France a interdit la vente des puffs jetables à partir du 25 février 2025. Mais le mal est fait pour une génération d'adolescents déjà exposés.
L'Académie nationale de médecine a tiré la sonnette d'alarme : « Ce n'est pas tant la teneur en nicotine qui est dangereuse, mais la façon dont on va l'absorber. Ces jeunes vont se shooter à la nicotine, qui met une seconde à passer du réservoir au cerveau. Une dépendance peut très vite s'installer. » Je vois de plus en plus de jeunes adultes dans mes centres qui ont commencé par la puff au collège et qui fument aujourd'hui.
L'enquête ANSES confirme que plus de 50 % des jeunes vapoteurs (13-17 ans) vapotent quotidiennement. Les motivations ? L'effet de mode et l'attrait pour les arômes fruités. Rien à voir avec le sevrage tabagique.
Le vapotage pendant la grossesse : des risques pour le fœtus
Le rapport de l'ANSES pointe également des effets possibles sur le développement cardiovasculaire et respiratoire du fœtus exposé in utero, avec ou sans nicotine.
Selon l'enquête de l'Agence, plus de 50 % des femmes vapoteuses pendant la grossesse le font quotidiennement. Leur motivation principale : protéger la santé du bébé en passant de la cigarette au vapotage. Une intention louable, mais une stratégie risquée au vu des données actuelles.
Les recommandations officielles de l'ANSES
Au regard des risques identifiés, l'Agence formule des recommandations claires :
Cette dernière recommandation rejoint exactement ma position depuis des années : si vous vapotez pour arrêter de fumer, c'est une étape, pas une destination. L'objectif final doit rester l'arrêt complet de toute inhalation de substances. C'est pourquoi je propose une méthode qui traite l'addiction à la racine, sans substitution.
En résumé
Le rapport ANSES 2026 et les études internationales récentes convergent vers les mêmes conclusions : le vapotage présente des risques cardiovasculaires, respiratoires et cancérogènes, y compris en l'absence de nicotine. Le double usage (vapotage + tabac) multiplie le risque de cancer du poumon par près de 14 chez les jeunes adultes. Le vapotage exclusif double le risque de BPCO, même sans antécédent de tabagisme. Les puffs constituent une porte d'entrée vers l'addiction pour les adolescents.
Mais les études récentes délivrent un message tout aussi important : il n'est jamais trop tard pour arrêter. Le vapotage n'est pas une alternative sûre au tabac. C'est, au mieux, un moindre mal temporaire pour les fumeurs qui n'arrivent pas à arrêter autrement.
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Sources
ANSES – Rapport d'évaluation des risques sanitaires liés aux produits du vapotage (février 2026) • Frontiers in Oncology – Ohio State University (janvier 2026) • National Institutes of Health – NIH (avril 2025) • Johns Hopkins Medicine (avril 2025) • Santé publique France – Baromètre 2024 • Académie nationale de médecine • Alliance Contre le Tabac.
À propos de l'auteure
Christelle Lira est réflexologue auriculaire au laser, spécialisée dans l'addiction au tabac, au cannabis et à la vapote. Diplômée du Centre d'études et de formations en énergétique chinoise, elle a fondé les Centres Laser Stop Tabac en 2018. Elle exerce à La Teste-de-Buch et Bordeaux-Caudéran.

