Des tumeurs chez la souris, des dommages ADN chez l'homme : la vapote en cause

Expiré

Pendant des années, la cigarette électronique a été présentée comme une alternative moins nocive au tabac. Une revue scientifique publiée fin 2025 dans Carcinogenesis change la donne : les chercheurs australiens concluent que les e-cigarettes à base de nicotine sont probablement cancérigènes pour l'homme.

 

Pendant des années, la cigarette électronique a été présentée comme une alternative moins nocive au tabac. Une revue scientifique publiée fin 2025 dans Carcinogenesis change la donne : les chercheurs australiens concluent que les e-cigarettes à base de nicotine sont probablement cancérigènes pour l'homme.

Huit années de recherche passées en revue

L'équipe de Bernard Stewart, de l'Université de Nouvelle-Galles du Sud à Sydney, a analysé l'ensemble des publications scientifiques parues entre 2017 et 2025 sur le potentiel cancérigène des cigarettes électroniques. Cette période de huit ans couvre l'émergence et la maturation de ce champ de recherche. Les conclusions sont préoccupantes : les preuves de cancérogénicité proviennent de multiples approches méthodologiques et convergent vers le même constat.

Les auteurs ont examiné les études sur les biomarqueurs d'exposition, les essais sur les rongeurs et les travaux de laboratoire visant à élucider les mécanismes en jeu. Chaque type d'investigation apporte une pièce du puzzle, et l'ensemble forme un tableau cohérent.

Des dommages ADN mesurables chez l'homme

Les études utilisant des biomarqueurs révèlent des dommages ADN chez les vapoteurs, corrélés aux métabolites présents dans les vapeurs. Ces dommages sont attribuables à plusieurs catégories de substances cancérigènes identifiées dans les aérosols : les nitrosamines dérivées de la nicotine, les composés organiques volatils, les agents chimiques issus des arômes et certains métaux lourds.

Les biomarqueurs indiquent également un stress oxydatif, des modifications épigénétiques et une inflammation dans les tissus oraux et respiratoires des vapoteurs. Ces observations sont souvent présentées en comparaison avec les fumeurs de cigarettes classiques, montrant des profils de risque distincts mais néanmoins préoccupants.

2017→2025 En 8 ans, les conclusions des revues scientifiques sont passées de "besoin de plus de preuves" à "inquiétude sur la cancérogénicité".

Des tumeurs pulmonaires chez la souris

Les essais sur les rongeurs apportent une preuve plus directe. Des souris exposées par inhalation aux aérosols de cigarettes électroniques ont développé des adénocarcinomes pulmonaires, un type de cancer du poumon. Ces résultats expérimentaux constituent un signal fort, même si la transposition à l'homme doit être faite avec prudence.

Les études mécanistiques complètent ce tableau en identifiant les caractéristiques clés des cancérigènes dans les vapeurs. L'ensemble des données implique un mélange complexe qui induit la cancérogenèse via des processus génotoxiques (dommages directs à l'ADN) et d'autres voies biologiques.

Un changement de paradigme scientifique

Les auteurs de la revue soulignent une évolution remarquable de la littérature scientifique. Entre 2017 et 2025, les conclusions des différentes revues sont passées d'un constat de "besoin de plus de preuves" à une "notification d'inquiétude sur la cancérogénicité des e-cigarettes". Ce basculement reflète l'accumulation progressive des données et leur convergence vers une conclusion préoccupante.

La formulation finale des chercheurs australiens est claire : "Les cigarettes électroniques à base de nicotine sont probablement cancérigènes pour l'homme, causant un fardeau indéterminé de cancer oral et de cancer du poumon." Le terme "probablement" reflète les critères stricts de la classification scientifique, mais le message est sans ambiguïté.

Point de vue de Christelle Lira, thérapeute
Cette revue confirme ce que nous soupçonnions depuis plusieurs années : la vapote n'est pas une alternative sans risque. Beaucoup de personnes viennent me consulter parce qu'elles ont remplacé la cigarette par la vapote et se retrouvent dépendantes des deux. L'auriculothérapie laser peut accompagner l'arrêt du vapotage comme celui du tabac.

Les arômes aussi en cause

Parmi les substances incriminées, les agents chimiques dérivés des arômes méritent une attention particulière. Ces composés, souvent présentés comme "food grade" (de qualité alimentaire), n'ont jamais été évalués pour l'inhalation. Ce qui est sûr à manger ne l'est pas nécessairement à inhaler. Les températures de chauffe des e-cigarettes peuvent transformer ces molécules en composés potentiellement cancérigènes.

Les arômes sucrés, fruités et mentholés, qui séduisent particulièrement les jeunes, contiennent des aldéhydes et d'autres composés volatils dont la toxicité pulmonaire est documentée. L'addiction à la cigarette électronique et aux puffs expose donc à un cocktail chimique dont les effets à long terme commencent seulement à être compris.

Cancer oral et cancer du poumon

La revue identifie deux localisations principales de risque : la bouche et les poumons. Ces tissus sont en contact direct avec les aérosols inhalés et subissent une exposition répétée aux substances cancérigènes. Les biomarqueurs d'inflammation et de stress oxydatif sont particulièrement élevés dans ces zones chez les vapoteurs.

Le cancer du poumon reste le cancer le plus meurtrier au monde, et le tabagisme en est la cause principale. Si la cigarette électronique ajoute un facteur de risque supplémentaire, même modéré, l'impact sur la santé publique pourrait être considérable compte tenu du nombre croissant de vapoteurs, notamment parmi les jeunes.

Ce que révèle cette revue
Les cigarettes électroniques à base de nicotine sont probablement cancérigènes pour l'homme. Les preuves proviennent des dommages ADN chez les vapoteurs, des tumeurs pulmonaires chez la souris et de l'identification de multiples substances cancérigènes dans les aérosols.

Ni cigarette ni vapote : la vraie solution

Cette revue remet en question la stratégie de réduction des risques qui consiste à passer du tabac à la vapote. Si les deux produits sont cancérigènes, même à des degrés différents, l'objectif devrait être l'arrêt des deux. Les vapoteurs qui ont commencé pour arrêter de fumer se retrouvent parfois à utiliser les deux produits, cumulant ainsi les risques.

L'auriculothérapie laser offre une alternative pour se libérer de la dépendance à la nicotine, qu'elle provienne de la cigarette ou de la vapote. Cette approche bien-être stimule des points auriculaires qui aident à réduire les envies et à mieux gérer le sevrage.

Les bienfaits de l'arrêt sont les mêmes que l'on vienne du tabac ou de la vapote : une récupération progressive des capacités respiratoires, une diminution de l'inflammation et une réduction du risque de maladies graves.

Prêt à arrêter la vapote ? Prenez rendez-vous dans l'un de nos centres pour une séance d'auriculothérapie laser.

Questions fréquentes

La cigarette électronique est-elle moins dangereuse que le tabac ?

Si la vapote expose probablement à moins de substances toxiques que la cigarette traditionnelle, elle n'est pas sans risque. Cette revue conclut qu'elle est probablement cancérigène pour l'homme. La vraie réduction du risque consiste à arrêter les deux.

Les vapotes sans nicotine sont-elles plus sûres ?

Cette revue porte spécifiquement sur les cigarettes électroniques à base de nicotine. Cependant, les arômes et autres composants des e-liquides présentent leur propre toxicité lorsqu'ils sont inhalés. L'absence de nicotine ne garantit pas l'innocuité du produit.

Combien de temps faut-il pour développer un cancer lié à la vapote ?

Il est trop tôt pour répondre à cette question avec précision. La cigarette électronique n'existe à grande échelle que depuis une quinzaine d'années, et les cancers mettent généralement des décennies à se développer. C'est pourquoi les chercheurs utilisent des biomarqueurs et des études animales pour anticiper les risques.

L'auriculothérapie peut-elle aider à arrêter la vapote ?

Oui, l'auriculothérapie laser accompagne l'arrêt du vapotage de la même manière que l'arrêt du tabac. La dépendance à la nicotine implique les mêmes mécanismes, que la nicotine provienne d'une cigarette ou d'une e-cigarette. La stimulation des points auriculaires aide à réduire les envies et à mieux gérer le sevrage.

Source
Stewart BW, Marshall H, Bonevski B, et al. The carcinogenicity of e-cigarettes: a qualitative risk assessment. Carcinogenesis. 2025;47(1). DOI: 10.1093/carcin/bgag015

CDC - E-cigarettes

Christelle Lira, thérapeute
Christelle Lira pratique l'auriculothérapie laser dans les centres de La Teste-de-Buch et Bordeaux-Caudéran. Elle accompagne les personnes souhaitant se libérer du vapotage avec une approche bien-être personnalisée.