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Quels sont les risques liés à l’utilisation de la cigarette électronique ?
ExpiréDepuis son apparition dans les années 2000, la cigarette électronique s'est progressivement imposée dans notre quotidien, si bien qu’elle est aujourd'hui largement répandue. En 2020, 37,4 % des adultes âgés de 18 à 75 ans déclaraient avoir déjà expérimenté ce dispositif (1). Cette popularité soulève néanmoins des questions sur son impact réel sur la santé.
Depuis son apparition dans les années 2000, la cigarette électronique s'est progressivement imposée dans notre quotidien, si bien qu’elle est aujourd'hui largement répandue. En 2020, 37,4 % des adultes âgés de 18 à 75 ans déclaraient avoir déjà expérimenté ce dispositif (1). Cette popularité soulève néanmoins des questions sur son impact réel sur la santé.
Sur ce point, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) reconnaît l’existence d’effets néfastes liés à la cigarette électronique (5). Quels dangers ce dispositif fait-il réellement courir aux vapoteurs ? Est-il véritablement moins dangereux que le tabac traditionnel ?
De quoi se compose la cigarette électronique ?
Contrairement à la cigarette traditionnelle, la cigarette électronique ne fonctionne pas par combustion, mais par chauffage d’un liquide, appelé e-liquide, qui est ensuite vaporisé et inhalé par l’utilisateur. Ce liquide se compose principalement de propylène glycol, de glycérine végétale, d’arômes et, dans de nombreux cas, de nicotine.
Cependant, au-delà de ces ingrédients de base, des études ont mis en évidence la présence de substances potentiellement nocives dans les e-liquides et les vapeurs émises. Parmi elles figurent des métaux lourds comme le cadmium, le plomb, le nickel, le chrome… (1). Certains de ces éléments sont d’ailleurs reconnus pour leurs effets toxiques, notamment sur le long terme.
La vapeur produite par la cigarette électronique contient néanmoins significativement moins de substances toxiques que la fumée de cigarettes classiques (de 9 à 450 fois moins) (1). La question reste de savoir si, malgré des niveaux réduits de toxicité, l’usage prolongé de ces dispositifs est totalement inoffensif.
Les risques sur la santé
Impact sur la santé cardio-pulmonaire
Il est désormais bien établi que la cigarette traditionnelle cause de graves dommages aux fonctions cardiaques et pulmonaires. Ce que l’on sait moins, c’est que la cigarette électronique peut également avoir un impact significatif. En effet, des études montrent que son utilisation régulière augmente aussi le risque de développer des maladies cardiovasculaires et pulmonaires. (5) Les effets sur le système respiratoire comme l’aggravation de l’asthme sont particulièrement préoccupants chez les jeunes. (1)
Des recherches ont ainsi démontré que la vapoteuse peut entraîner diverses altérations des voies respiratoires telles que des irritations, de la toux ou encore des inflammations. 10 minutes de vapotage suffisent à induire une obstruction significative des voies respiratoires. Ces effets seraient liés aux arômes présents dans les e-liquides, suspectés d’avoir un effet toxique sur les cellules respiratoires. De plus, certaines études révèlent que la vapeur des cigarettes électroniques, même sans nicotine, peut endommager l'ADN des cellules de la bouche et des poumons. (1)
Le risque de cancer
Une autre préoccupation majeure de santé publique concerne le risque de cancer. Bien que la vapoteuse émette moins de substances toxiques, elle peut tout de même présenter un risque cancérigène, en particulier en cas d’utilisation prolongée (1) (5). Comme pour les cigarettes traditionnelles, le risque concerne majoritairement les cancers des voies respiratoires hautes, des sinus, de la cavité nasale, du pharynx.
Autres effets sur la santé
Outre les risques cardio-pulmonaire et cancérigènes, d’autres conséquences majeures sont à redouter. L’une d’elles concerne l’impact de la cigarette électronique sur le cerveau. Son utilisation peut altérer le développement du cerveau (5), affectant ainsi les capacités d’apprentissage chez les jeunes, la mémoire et d’autres fonctions cognitives.
Chez les femmes enceintes, l’utilisation de la cigarette électronique peut avoir des conséquences sur le développement du fœtus. (5) Des études suggèrent également que cette pratique pourrait nuire à la santé bucco-dentaire (1).
Le vapotage passif
Concernant le tabagisme passif dans le cadre du vapotage, il est établi que les vapoteurs exposent leur entourage aux substances chimiques (cancérigènes, particules solides, monoxydes de carbone, nicotine…). Bien que les taux ne semblent pas significatifs, il existe un risque réel pour les personnes exposées aux émissions des cigarettes électroniques (5).
Limites
Malgré ces conclusions, le nombre d’études exploitables sur les risques sanitaires associés aux cigarettes électroniques reste encore limité. Par exemple, les connaissances scientifiques actuelles ne permettent pas d’évaluer de manière satisfaisante les effets à long terme de certaines molécules présentes dans les e-liquides (1)(5). Des données manquent également pour déterminer les risques de cancers autres que ceux déjà identifiés. De plus, les conséquences d'une utilisation prolongée sur la santé restent largement méconnues (3) étant donné qu’il s’agit d’un dispositif relativement récent.
Une autre zone d’ombre concerne les interactions médicamenteuses potentielles liées à la cigarette électronique. On sait par exemple que le tabac peut altérer l'efficacité de certains médicaments, ce qui soulève des questions sur les effets similaires potentiels du vapotage.
La question de l’addiction
Chez les jeunes
L’une des principales inquiétudes concerne le risque d’addiction à la cigarette électronique chez les jeunes. Son format attrayant, sans odeur, compact, discret et abordable tend à inciter les adolescents à s'y essayer. De plus, l'image séduisante des e-liquides aromatisés et des "puffs" peut faire croire à un produit sans risque, minimisant ainsi les dangers potentiels.
Bien qu'il n'y ait pas de consensus sur le fait de savoir si le vapotage constitue une porte d'entrée vers le tabagisme (1), les autorités sanitaires signalent néanmoins une augmentation notable de son utilisation chez les mineurs, notamment avec de la nicotine (3). Au Royaume-Uni, le nombre de jeunes utilisateurs a même triplé entre 2020 et 2023. Le directeur du Département Promotion de la santé de l'OMS a même évoqué une augmentation alarmante de la consommation de cigarettes électroniques chez les enfants et les jeunes, dépassant celle des adultes dans plusieurs pays (5).
Il serait par ailleurs erroné de considérer le vapotage comme un simple passe-temps pour les jeunes. En effet, toutes les études montrent que les jeunes utilisant la cigarette électronique sont presque trois fois plus susceptibles de fumer des cigarettes traditionnelles dans leur avenir (5).
L’aide au sevrage
C’est l’un des arguments marketings de la cigarette électronique : elle contribuerait à aider au sevrage tabagique. En ce sens, certaines recherches suggèrent qu'il pourrait y avoir un lien entre le vapotage et une réduction de la consommation de tabac, ainsi qu'une augmentation des tentatives d'arrêt. (1)
Toutefois, les données disponibles ne sont pas concluantes concernant l'efficacité des produits de vapotage comparés aux traitements validés (1). Il n'existe pas non plus de preuves scientifiques suffisantes pour confirmer que les produits de vapotage sont une aide efficace pour arrêter de consommer du tabac (3). Des recherches complémentaires sont donc nécessaires pour mieux comprendre les risques et les bénéfices potentiels de ces dispositifs dans le cadre du sevrage tabagique.
À l'échelle mondiale, l'OMS déconseille la vente de cigarettes électroniques comme produits destinés au sevrage (5). En France, ces produits peuvent néanmoins être envisagés dans certains cas précis après l'échec des traitements de première intention (3).
Dans tous les cas, la solution la plus fiable pour réduire l'impact négatif du tabac sur la santé reste le sevrage total. Les traitements de substitution nicotinique tels que les patchs ont quant à eux prouvé leur efficacité et peuvent être remboursés sur ordonnance (3). Méthode du centre Laser stop tabac pour stopper la cigarette électronique.
Comment réduire les risques ?
Vis-à-vis des dangers pour la santé
Pour minimiser les risques liés à l'utilisation de la cigarette électronique, plusieurs mesures peuvent être mises en place face aux dangers potentiels pour la santé. Tout d'abord, il est essentiel de se procurer des produits auprès de vendeurs fiables qui respectent la règlementation en vigueur. En Europe, les produits sont dits conformes dès lors qu’ils respectent les normes de sécurité européennes, certifiés par l'AFNOR. Ces normes règlementent notamment la composition en substance chimique des aérosols ainsi que la concentration de nicotine (1). Toute modification des e-liquides telle que l’ajout de substances ou le mélange de différents produits est par ailleurs déconseillé. (3)
Un autre élément crucial est la prise de conscience de la nature de la cigarette électronique. Actuellement, aucun dispositif de vapotage ne peut être considéré comme un médicament ou un produit de santé (2) (3). À ce sujet, la règlementation est claire : aucun produit ne dispose d’une autorisation de mise sur le marché, et donc ne peut être commercialisé en tant que médicament (2).
Enfin, la consommation simultanée de produits du tabac et de cigarettes électroniques est à proscrire. Cette double consommation n'entraîne aucune diminution des risques pour la santé. (3)
Vis-à-vis des dangers inhérents à l’électronique
En ce qui concerne les risques liés à l’aspect électronique des cigarettes électroniques, il existe des précautions spécifiques à prendre pour éviter les incidents, notamment les explosions de batteries. Il est conseillé de ne pas transporter les batteries dans des poches ou vêtements, mais plutôt de les ranger dans un étui de protection propre et sec. Il est également crucial d'éviter tout contact avec des objets métalliques (comme des clés ou des pièces de monnaie) ou des liquides. L’exposition à des sources de chaleur ou les chocs sont à éviter autant que possible. En cas de dommages visibles (déformation, gaine déchirée, fuite de liquide), il est nécessaire de cesser immédiatement son utilisation et de ne pas essayer de le réparer ou le démonter soi-même. Enfin, il est primordial d’utiliser un chargeur et une batterie adaptée, de respecter les consignes d’utilisation et de ne pas laisser les batteries en charge sans surveillance ou au-delà du temps recommandé (2)
Malgré sa réputation d'alternative moins nuisible, la cigarette électronique reste un dispositif potentiellement dangereux pour la santé. L'idée qu'elle puisse servir de moyen de sevrage n'est pas unanime et ne doit pas être considérée comme un consensus. D’ailleurs, son utilisation est déconseillée pour les non-fumeurs. Bien que certaines études indiquent qu'elle serait moins toxique, les effets sur la santé peuvent être comparables à ceux de la cigarette traditionnelle. Ces préoccupations figurent parmi les raisons ayant conduit 34 pays à interdire la vente de cigarettes électroniques (5).
Références :
- Centre de lutte contre le cancer Leon Berard, Département Prévention Cancer Environnement. (MAJ le 3 janvier 2023). Cigarette électronique. https://www.cancer-environnement.fr/fiches/expositions-environnementales/cigarette-electronique-ou-vapoteuse/
- Ministère de l’économie des finances et de la souveraineté industrielle et numérique. (6 octobre 2023). Vos questions, nos réponses sur les cigarettes électroniques. https://www.economie.gouv.fr/dgccrf/Publications/Vie-pratique/Fiches-pratiques/cigarette-electronique
- Ministère du travail de la santé et des solidarités. (MAJ le 5 octobre 2023). Recommandations concernant l’usage des produits de vapotage / cigarette électronique. https://sante.gouv.fr/prevention-en-sante/addictions/produits-de-vapotage-cigarette-electronique/article/recommandations-concernant-l-usage-des-produits-de-vapotage-cigarette
- Nau, J. (2013), E-cigarette : questions-réponses sur les dangers du « vapotage passif », Rev Med Suisse, 9, no. 390, 1282–1283. https://doi.org/10.53738/REVMED.2013.9.390.1282

