Tabac et vapotage : une combinaison dangereuse pour votre santé

Expiré

Tabac et vapotage sont souvent combinés par les fumeurs qui cherchent à arrêter de fumer. La cigarette électronique permet, en effet, de répondre aux besoins en nicotine des fumeurs, tout en éliminant l’exposition à la fumée de cigarette. Bien que la nocivité du vapotage soit moindre, il n’est pas sans risques. La combinaison tabac + vapotage présente un effet néfaste pour la santé, car elle augmente considérablement la consommation de nicotine.

L’OPECST ou Office Parlementaire d’Évaluation des Choix Scientifiques et Technologiques confirme que le vapotage est la meilleure alternative au tabac. La Dre tabacologue Marion Adler souligne toutefois que la vape n’est pas un dispositif de santé. Quant à l’Académie nationale de médecine, elle recommande de laisser tomber la cigarette et de passer au vapotage, avant de s’arrêter pour de bon ! Décortiquons tout cela.

Pourquoi certains fumeurs continuent-ils à fumer tout en vapotant ?

Tabac et vapotage sont de plus en plus utilisés conjointement, donnant lieu au phénomène du « dual use » (usage simultané). Ce phénomène concerne notamment les fumeurs qui souhaitent réduire leur consommation de tabac sans l’abandonner complètement. Ils fument moins de cigarettes qu’auparavant, mais compensent avec le vapotage.

Une transition mal comprise

Certains fumeurs pensent à tort que vapoter en complément de la cigarette diminue les risques liés au tabac. Or, les études démontrent que cette double consommation ne réduit pas significativement les effets nocifs, car l’exposition aux substances toxiques du tabac demeure importante.

Par ailleurs, le vapotage peut être perçu comme un substitut moins nocif dans certaines situations où fumer une cigarette traditionnelle est impossible, en l’occurrence dans les lieux publics fermés. Cette flexibilité peut inciter les fumeurs à maintenir leur consommation de tabac tout en vapotant.

Si le fumeur ne diminue pas progressivement la quantité de nicotine dans sa vape, il n’arrivera jamais à arrêter complètement. Le « dual use » concerne principalement les gros fumeurs, victimes d’une forte dépendance à la nicotine.

Une dépendance à la nicotine persistante

Les fumeurs fortement dépendants ont souvent du mal à arrêter complètement et utilisent la vape pour combler les moments où ils ne peuvent pas fumer. Cela entretient un cercle vicieux dans lequel le sevrage devient plus difficile à atteindre.

Soit le « dual user » continue de fumer tout en vapotant, soit il vapote exclusivement au quotidien (consommant la nicotine autrement), soit il continue avec la cigarette traditionnelle et laisse tomber la cigarette électronique.

Certains apprécient la vapeur parfumée de la vape, tandis que d’autres ne peuvent pas se défaire de leur habitude, notamment l’utilisation d’un briquet, le petit tapotement de doigts pour se débarrasser des mégots, etc. Ce sont des gestes devenus des tics pour certaines personnes et font partie d’un rituel, dont les sources et l’attachement sont profonds. Il arrive aussi que des fumeurs apprécient la cigarette et le vapotage en même temps.

Quels sont les risques liés à la double consommation ?

Le baromètre de Santé Publique France, publié en 2017, révèle que 50 % des vapoteurs continuent à fumer la cigarette : 40 % quotidiennement et 10 % occasionnellement. Les risques sur la santé générés par la combinaison « tabac et vapotage » sont les suivants :

Les effets sur le système respiratoire

Le tabac est reconnu pour agresser directement l’appareil respiratoire, entraînant : 

  • des maladies infectieuses(bronchites, sinusites, grippes, otites, angines et pneumonies) ;
  • des maladies inflammatoires(BPCO ou broncho-pneumopathies chroniques obstructives) ;
  • des allergies(rhume des foins, asthme) ;
  • des cancers (de la bouche, des lèvres, de la gorge, des bronches ou des poumons).

De son côté, la vape n’est pas anodine. Les données du ITC Youth and Vaping Survey (2021) démontrent l’apparition de symptômes respiratoires chez les jeunes vapoteurs, notamment une augmentation de la toux, des douleurs thoraciques et des essoufflements.

Un impact cardiovasculaire

Selon le rapport de 2021 de la Fédération Française de Cardiologie, le tabagisme serait responsable de plus 30 % des maladies cardiovasculaires. Par ailleurs, le Surgeon General du département de la santé américaine cite la présence de 7 000 composés chimiques dans la fumée du tabac. Les effets cumulatifs de la nicotine et de ces substances toxiques compliquent et intensifient les problèmes cardiovasculaires.

Environ un décès sur trois dans le monde est causé par une maladie cardiovasculaire si l’on se réfère au rapport de la World Heart Federation (WHF) de 2023. Le tabac associé au vapotage contribue largement à ces pathologies. Les artères coronaires sont endommagées et la présence de caillots rétrécit le flux sanguin. Ces effets combinés conduisent vers un accident vasculaire cérébral. 

De nombreuses maladies sous toutes leurs formes

L’arrêt du tabac et du vapotage se révèle être une urgence vitale. L’utilisation des deux produits peut exacerber les problèmes de santé existants, notamment les troubles gastro-intestinaux tels que les ulcères de l’estomac et les soucis dentaires. Le risque de parodontite, inflammation chronique des tissus enveloppant les dents, est accru. Sans traitement, celle-ci peut provoquer un déchaussement ou une destruction de l’os.

Le risque de baisse de la fertilité chez l’homme aussi bien que chez la femme est constaté. Chez la gent masculine, il est possible de ressentir des troubles de l’érection. Il est fort probable que cette impuissance persiste ou devient permanente si la personne continue de fumer et de vapoter.  

Une augmentation du risque de dépendance

Le tabagisme se traduit par une dépendance due aux effets de la nicotine, une substance contenue dans la feuille de tabac. La dépendance peut se présenter sous trois formes :

  • Physique : la nicotine produit des sensations de bien-être auxquelles le fumeur ne peut pas résister.
  • Psychologique : la nicotine procure détente, plaisir et stimulation intellectuelle au fumeur.
  • Comportementale : le fumeur associe l’action de fumer à un environnement ou à des situations provoquant l’envie et le plaisir de fumer.

Au même titre que le tabac, la vapoteuse contient de la nicotine. C’est la raison pour laquelle l’association de tabac et vapotage rend le sevrage tabagique beaucoup plus difficile.

Les effets toxiques de produits chimiques

Des recherches ont été menées pour comparer les produits chimiques contenus dans les liquides de vapoteuse à ceux résultant de la combustion du tabac. Il a été démontré qu’une cigarette traditionnelle génère environ 7 000 produits chimiques, tandis qu’une cigarette électronique en contient environ 2 000. Certaines de ces substances restent encore non identifiées.

La vape contient moins de produits chimiques que le tabac, mais n’en est pas moins dangereuse si utilisée sans précautions. La fumée des produits de vapotage et les émissions d’aérosols ont été prouvées comme nocives pour la santé. Entre autres, elles contiennent du nickel, du plomb, du benzène et des particules ultrafines inhalées dans les poumons.

Les effets combinés du tabac et de la vape sont doublement dangereux. Après de nombreuses études sur les impacts du tabagisme, il est surprenant de constater que certain⟨s fumeurs parviennent à conserver un état pulmonaire semblable à celui que l'on pourrait attendre chez un fumeur expérimenté de dix ans. Un des aspects fascinants de ce phénomène est abordé dans l'article Poumons sains malgré le tabac qui explore les facteurs qui contribuent à cette résistance, malgré les années de cigarettes.

Que disent les études scientifiques ?

En 2013-2014, l’étude PATH a été menée sur plus de 7 000 adultes. Il s’agissait d’une évaluation de la santé par rapport à leur statut tabagique. Les chercheurs ont classé les sujets en quatre groupes :

  1. les non-fumeurs (58 %) ;
  2. les vapoteurs (2 %) ;
  3. les fumeurs (30 %) ;
  4. et les cumulateurs (10 %).

Tous ont passé des tests sanguins et d’urine. Les calculs statistiques qu’ils ont réalisés sur les résultats d’analyses ont visé à observer les biomarqueurs de leur risque cardiovasculaire.

Les non-fumeurs et les vapoteurs exclusifs ont présenté des marqueurs de stress inflammatoire et oxydatif similaires. Ces biomarqueurs se sont révélés significativement moins élevés que pour les fumeurs et les cumulateurs. Dans ses Recommandations concernant l’usage des produits de vapotage, la Santé publique France déconseille le « vapo-fumage ».

Le vapotage est-il un allié ou un piège pour arrêter de fumer ?

La plupart des fumeurs utilisent le vapotage comme moyen de sevrage tabagique. Pourtant, l’OMS reproche à la cigarette électronique d’être « incontestablement nocive » (rapport de juillet 2019). Alors, le vapotage est-il un allié ou un piège ?

Erreurs fréquentes des « dual users »

De nombreux consommateurs commettent l’erreur de choisir des dispositifs de vapotage qui ne correspondent pas à leurs besoins en termes d’utilisation ou de puissance. Ce matériel inadapté peut rendre l’expérience insatisfaisante et les pousser à reprendre uniquement la cigarette traditionnelle. Quoi qu’il en soit, il convient de bien entretenir le matériel pour garantir son bon fonctionnement.

Certaines personnes n’ajoutent pas la quantité de nicotine suffisante dans la vape. Ce mauvais choix de taux de nicotine est souvent dû à un manque d’accompagnement. Il peut également provoquer des effets indésirables ou des symptômes de manque tels que des vertiges ou des nausées.

Le vapotage excessif fait partie des erreurs les plus courantes commises par les fumeurs. Comme ils pensent que cette pratique est sans conséquence, ils s’y adonnent de manière abusive. Elle risque alors de faire apparaître une irritation de la gorge

L’utilisation d’e-liquide de mauvaise qualité est également une erreur fréquente chez les fumeurs. Lorsqu’il n’est pas conforme aux règles de sécurité en vigueur, il expose le consommateur à des substances nocives. L’idéal serait d’en acheter auprès de marques reconnues (Vaporesso, GeekVape, Voopoo, Aspire, Joyetech, Enovap, Puff Art, Liquideo, VDLV [Vincent Dans Les Vapes], etc.).

Recommandations publiées dans le Code de la Santé Publique

Le Code de la Santé Publique France souligne plusieurs recommandations clés pour encadrer cette pratique.

  • Espaces dédiés : les services comme l’addictologie ou encore la psychiatrie aménagent des espaces dédiés pour aider les vapoteurs à ne pas fumer. Leur conception permet à la fumée de ne pas s’infiltrer à l’extérieur.
  • Restrictions pour les mineurs : il est formellement interdit de vendre des produits de vapotage aux mineurs. Leur consommation dans des lieux d’enseignement est également proscrite.
  • Interdiction dans les lieux clos : il est déconseillé de vapoter dans les lieux clos qui sont à usage collectif. Cette interdiction favorise la protection des personnes qui y circulent contre les effets néfastes de la vapeur.
  • Sensibilisation et éducation : les établissements de santé doivent informer le public sur les dangers du vapotage.

Ces recommandations encadrent l’utilisation du vapotage et minimisent à la fois les risques pour la santé publique. Elles s’appliquent surtout dans des environnements sensibles tels que les établissements de santé. Face aux risques de santé liés à la combinaison de tabac traditionnel et électronique, de nombreuses personnes cherchent à Arrêter Leur Habitude de Vapoter Brutalement, un défi qui demande à la fois volonté et préparation. Pour une compréhension approfondie des diverses implications du vapotage sur le bien-être, je vous recommande de découvrir cet article qui détaille les Effets Secondaires du Vapoter, afin de prendre une décision éclairée concernant votre santé.

Tabac + vapotage : ce qu’il faut retenir

  • Les dangers de la double consommation sont décuplés, puisqu’elle conjugue les effets nocifs du tabac avec ceux de la cigarette électronique.
  • La principale démarche la plus efficace pour protéger sa santé est l’arrêt total du tabac.
  • Le sevrage tabagique doit être accompagné par un professionnel de santé.
  • Dans le processus, le recours au vapotage représente un outil de transition qu’il ne faut pas combiner avec la cigarette classique.