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Pourquoi arrêter de fumer diminue le risque de maladies cardiovasculaires?

Le tabagisme est la première cause de mortalité évitable en France, avec 73 000 décès annuels dont 44 000 par cancer et 18 000 par maladie cardiovasculaire ! En effet, qu’il soit actif ou passif, le tabagisme est particulièrement toxique pour le cœur et les vaisseaux.

D’après les différentes études, les fumeurs ont un risque trois fois plus élevé d’infarctus du myocarde (crise cardiaque) par rapport aux non-fumeurs.

Heureusement, la suppression du tabac diminue de 50 % le risque de mortalité cardiovasculaire au bout de seulement 1 an. Mieux encore, 15 ans après avoir écrasé sa dernière cigarette, ce risque sera quasiment le même que celui d’une personne n’ayant jamais fumé !

Principaux effets néfastes du tabagisme sur le cœur et les vaisseaux sanguins

La fumée du tabac est nocive pour le cœur et les vaisseaux de plusieurs manières différentes. Lorsque ces dernières s’additionnent, il en résulte une augmentation exponentielle du risque cardiovasculaire.

Toxicité cardiaque du monoxyde de carbone

Le monoxyde de carbone(CO), molécule toxique produite par la combustion du tabac, possède une affinité pour l’hémoglobine – protéine contenue dans les globules rouges dont le rôle et de transporter d’oxygène vers toutes les cellules du corps – 230 fois supérieure à celle de l’oxygène.

Ainsi, lorsqu’on fume, le monoxyde de carbone se fixe de manière solide sur les globules rouges en prenant la place de l’oxygène. La capacité des globules rouges à transporter de l’oxygène dans le sang diminue alors et cela entraîne une oxygénation médiocre de l’ensemble des tissus de l’organisme, en particulier le muscle cardiaque.

En effet, le cœur est une masse musculaire qui nécessite une quantité importante d’oxygène pour assurer sa fonction de pompe. Privé de ce précieux élément (ischémie cardiaque), il sera exposé à toutes sortes de dysfonctionnements et de pathologies.

Bonne nouvelle, 8 heures seulement après la dernière cigarette, 50 % du monoxyde de carbone présent dans le sang est évacuéde l’organisme et l’oxygénation des cellules se normalise ! Le cœur reçoit alors de plus grandes quantités d’oxygène et retrouve un fonctionnement de plus en plus normal.

Les artères sont rudement malmenées par le tabac !

Les artères des fumeurs perdent progressivement leur capacité à se dilater et sont fréquemment le siège de « spasmes ».

Ces spasmes correspondent à des rétrécissements brusques du calibre de certaines artères par une contraction de leurs parois. Cela provoque une diminution du flux sanguin qui traverse ces artères, donc une réduction de l’oxygénation des tissus qu’elles desservent.

Lorsque ces spasmes concernent les artères du cœur, qu’on appelle « artères coronaires », il se produit une interruption totale et brutale de l’oxygénation du muscle cardiaque. Cela se traduit cliniquement par des douleurs thoraciques pouvant indiquer une angine de poitrine (angor) ou un infarctus du myocarde (crise cardiaque).

Il faut savoir que le risque d’infarctus du myocardechez les fumeurs est trois fois supérieur à celui des non-fumeurs.

Aussi, il a clairement été démontré qu’il n’y avait pas de seuil au-dessous duquel le tabagisme est « inoffensif » d’un point de vue cardiovasculaire. Autrement dit, même si l’on fume une seule cigarette par jour, le risque cardiovasculaire augmente sensiblement ! Il ne faut donc jamais se considérer « à l’abri » des conséquences néfastes du tabac sous prétexte d’être un « petit fumeur » !

Le sang devient plus épais et des caillots peuvent se former

La consommation de tabac augmente la viscosité du sang et sa coagulabilité de trois manières différentes :

  • Il favorise l’agrégation plaquettaire : les plaquettes sont les éléments du sang responsables de la formation des caillots sanguins.
  • Il augmente le nombre de globules rouges : pour compenser l’augmentation du monoxyde de carbone et le manque d’oxygène, l’organisme stimule la production de globules rouges pour améliorer l’oxygénation des cellules.
  • Il augmente le taux de fibrinogène : le fibrinogène est une protéine qui favorise la coagulation du sang.

Ces trois facteurs font que le sang devient visqueux, plus épais et donc plus susceptible de former des caillots.

Lorsqu’un caillot se forme, il migre dans la circulation générale jusqu’à se loger au niveau de l’une des artères de l’organisme, y compris les artères :

  • Du cœur : entraînant un infarctus du myocarde (crise cardiaque).
  • Du cerveau : entraînant un accident vasculaire cérébral (AVC).
  • Du poumon : entraînant une embolie pulmonaire.

Toutes ces pathologies cardiovasculaires sont très graves et très souventmortelles. Toutes nécessitent une prise en charge en extrême urgence ! Elles peuvent se manifester même dans les premières années de tabagisme, y compris chez les fumeurs occasionnels ! Il est donc vivement conseillé d’arrêter de fumerdéfinitivementleplus tôt possible pour les éviter.

L’inflammation augmente dans tout l’organisme

Les plaques d’athérosclérose sont des dépôts de graisses, de plaquettes et autres éléments (fibrine, globules blancs…) dans l’épaisseur des paroisdes artères réduisant progressivement leur calibre.

Or, le tabagisme, en augmentant l’inflammation dans tout le corps, favorise la déstabilisation de ces plaques d’athérosclérose. Ces dernières se rompent (rupture de plaques d’athérosclérose) alors et des thromboses se forment au niveau des brèches créées. Cela provoque alors une obstruction des artères, donc une interruption de la vascularisation des territoires qu’elles desservent.


Le taux de bon cholestérol diminue

Il faut savoir qu’il existe deux types decholestérol dans notre organisme : le mauvais (LDL cholestérol) et le bon (HDL cholestérol). D’une manière très schématique, le mauvais cholestérol favorise la formation des plaquesd’athérosclérose au niveau des artères et l’augmentation de leur volume.

À l’inverse, le bon cholestérol joue le rôle d’éboueur des artères en nettoyant les plaques d’athérosclérose qui s’y forment.

Or, il a été démontré que le tabagisme diminue sensiblement le taux sanguin de bon cholestérol. Fumer favorise donc le développement des plaques d’athérosclérose et augmente significativement le risque cardiovasculaire.


Le tabac modifie le comportement alimentaire

La diminution de l’odorat et du goût entraînée par le tabagisme pousse le fumeur à consommer des aliments « plus goûteux ». Il opte alors en général pour des produits industriels ultra transformés ou des « fast food » saturés de mauvaises graisses et de sucres rapides néfastes pour la santé, particulièrement pour la santé cardiovasculaire.

En effet, cette alimentation déséquilibrée, favorisée par les conséquences du tabagisme sur les sens (odorat et goût), participe significativement à l’augmentation du risque cardiovasculaire.

Tabagisme et maladies cardiovasculaires : quelques mises au point

Il est important de préciser les points suivants en ce qui concerne les effets du tabagisme sur la santé cardiovasculaire :

  • Le fait de fumer une seule cigarette par jour ne rend pas le risque cardiovasculaire 20 fois inférieur à celui d’une personne fumant un paquet par jour.
  • Il n’existe aucun seuil au-dessous duquel fumer soit sans danger pour la santé cardiovasculaire.
  • Fumer, même occasionnellement, augmente sensiblement le risque de développer une maladie cardiovasculaire et d’en mourir.
  • Le nombre de cigarettes par jour qu’on peut fumer sans crainte de souffrir d’une maladie cardiovasculaire est ZÉRO !
  • Même le tabagisme passif augmente le risque cardiovasculaire ! Le fumeur expose donc l’ensemble de son entourage, particulièrement sa famille, aux maladies cardiovasculaires.
  • Le risque cardiovasculaire augmente de 62 % en cas d’exposition supérieure à 22 heures par semaine au tabagisme passif.
  • Le tabagisme est nocifpour le cœur et les vaisseaux,quelle que soit la manière de le consommer: cigarettes avec ou sans filtre, pipe, cigare, narguilé (chicha), tabac à mâcher, tabac à chiquer…
  • La consommation régulière de tabac multiplie par 4 le risque d’accident vasculaire cérébral (AVC) chez les femmes prenant la pilule contraceptive.
  • Le tabagisme est responsable de 1 AVC sur 4 et il s’agit de la première cause d’AVC chez les sujets jeunes.

En bref, fumer est DANS TOUS LES CAS néfaste pour la santé cardiovasculaire !

Bénéfices de l’arrêt du tabac sur le cœur et les vaisseaux

Dès les premières heures d’arrêt du tabac, le risque cardiovasculaire commence à diminuer progressivement jusqu’à ce qu’il rejoigne au bout de 15 ans celui d’une personne n’ayant jamais fumé !

Cette réduction du risque cardiovasculaire par la suppression du tabac peut être expliquée par les effets bénéfiques suivants :

  • L’évacuation du monoxyde de carbone et l’amélioration de l’oxygénation de l’ensemble des tissus de l’organisme, notamment le muscle cardiaque qui retrouve des conditions meilleures pour bien fonctionner.
  • L’amélioration de l’élasticitédes vaisseaux sanguins et la diminution desspasmes artériels.
  • Le sang devient plus fluide, plus filant et donc moins susceptible de former des caillots.
  • L’inflammation diminue dans tout l’organisme, donc les plaques d’athérosclérose se stabilisent.
  • Le taux de bon cholestérol augmente sensiblement, ce qui permet de lutter contre la formation des plaques d’athérosclérose (nettoyage et débouchage des artères).
  • L’odorat et legoûtreviennent, la personne retrouve le goût des aliments et adopte un régime plus sain.

En prévention primaire, c’est-à-dire avant qu’aucune maladie cardiovasculaire ne survienne, c’est la suppression la plus précoce possible du tabagisme qui est recherchée.

En effet, plus lesevrage est précoce, plus les bénéfices sur la santé cardiovasculaire sont importants. Seul un arrêt précoce permet de prévenir les crises cardiaques et autres accidents cardiovasculaires chez les sujets jeunes (rappelons que le tabac est la première cause de maladies coronaires chez les jeunes).

En prévention secondaire, c’est-à-dire après avoir développé d’une maladie cardiovasculaire, l’arrêt du tabac est bénéfique à tous les stades de la maladie ! Il ne faut donc jamais se dire : « c’est trop tard, j’ai déjà fait ma crise cardiaque, ça ne sert à rien d’arrêter la cigarette maintenant… ».

D’après une méta-analyse (rassemblement de données de centaines d’études), arrêter de fumer après avoir développé une maladiecoronaire (artères du cœur bouchées) réduit la mortalité de 36 % dès les premiers jours de sevrage ! Autrement dit, on a moins de risque de décéder de sa maladie cardiovasculaire lorsqu’on cesse de fumer.

Chez les personnes ayant subi un pontage coronarien (intervention chirurgicale sur les vaisseaux du cœur), continuer de fumer augmente sensiblement le risque de récidive de l’infarctus du myocarde et de réintervention ! Alors que la suppression du tabac ramène ce risque pratiquement au niveau de celui des non-fumeurs.

En conclusion, arrêter de fumer permet de se protéger rapidement et efficacement des maladies cardiovasculaires.