fbpx

Pourquoi arrêter de fumer diminue le risque de maladies respiratoires ?

Le tabagisme représente la principale cause évitable de mortalité en France avec 73 000 décès par an, dont 33 000 par cancer du poumon, 17 000 par BPCO (Bronchopneumopathie Chronique Obstructive) et 8 500 par cancer de la cavité buccale ! Les maladies respiratoires occupent donc les premières positions dans le classement des causes de décès liées au tabac !

En effet, la responsabilité du tabac dans le développement des BPCO et des cancersbroncho-pulmonaires est bien établie : 80 à 85 % des cancers du poumon et des BPCO sont attribuables de manière quasi certaine au tabac.

Il faut savoir qu’il n’existe aucun traitement capable de guérir des maladiesrespiratoires telles que la BPCO ou le cancer bronchique ! D’où l’importance de tout mettre en œuvre pour les prévenir, en commençant par l’arrêt du tabac !

Par ailleurs, la consommation de tabac influence considérablement l’incidence, la gravité et l’évolution spontanée de multiples autres pathologies respiratoires.

Découvrez dans le présent article les effets délétères du tabac sur l’appareil respiratoire ainsi que tous les bénéfices qu’on récolte lorsqu’on cesse de fumer !

Le tabac favorise les cancers de l’appareil respiratoire

La fumée des cigarettes renferme environ 7000 substances chimiques, 250 d’entre elles sont formellement identifiées comme nocives pour la santé dont au moins 70 sont cancérigènes chez l’espèce humaine.

Chaque bouffée de cigarette introduit dans l’organisme des dizaines de substances cancérigènes. Ces dernières viennent alors se déposer sur les parois de l’arbre respiratoire (voies aériennes), favorisant ainsi le passage d’une ou plusieurs cellules bronchiques d’un état normal à cancéreux.

C’est ce qu’on appelle la transformation maligne ou « cancérisation », elle est le plus souvent secondaire à des mutations au niveau de l’ADN cellulaire induites par les substances cancérigènes du tabac.

Les cellules cancéreuses ont la caractéristique d’être autonomes. Elles peuvent donc proliférer et se multiplier de manière ininterrompue et très rapide jusqu’à former une ou plusieurs tumeursprimitives.

Avec le temps, des cellules malignes et des petits bouts de tumeur passent dans la circulation sanguine pour se disséminer dans d’autres parties du corps, notamment les ganglions lymphatiques, le foie, les os… C’est ce qu’on appelle des tumeurs secondaires ou « métastases ». À ce stade, les chances de survie sont généralement infimes.

En résumé, le tabagisme favorise le développement du cancer du poumon et ce dernier est capable de donner des métastases dans n’importe quelle partie de l’organisme.

D’après l’écrasante majorité des spécialistes, la consommation de tabac est responsable d’au moins 80 à 85 % des cancers du poumon ! Aussi, le fait de fumer multiplie par 15 à 30 le risque de survenue du cancer bronchique.

Par ailleurs, il faut savoir que lorsqu’on fume, avant d’arriver aux poumons, la fumée toxique du tabac remplie de substances cancérigènes traverse successivement la cavité buccale, le carrefour aérodigestif (pharynx et larynx) et la trachée.

Ainsi, le tabagisme augmente non seulement le risque de cancer du poumon, mais également celui d’autres cancers des voies respiratoires tels que :

  • Le cancer de la cavité buccale : les fumeurs ont 6 fois plus de risque de développer un cancer de la bouche (lèvres, gencives, langue, plancher buccal…) que les non-fumeurs.
  • Le cancer du pharynx : la consommation du tabac multiplie par 4 à 5 le risque de développer un cancer du pharynx.
  • Le cancer du larynx : fumer multiplie par 10 le risque de développer un cancer laryngé.

En arrêtant de fumer, on réduit donc considérablement le risque de nombreux cancers de l’appareil respiratoire.

Par exemple, après seulement 5 ans d’arrêt du tabac, le risque de cancer du poumon baisse de moitié !Après 15 ans, il devient presque égal à celui des personnes n’ayant jamais fumé !

Le tabac provoque la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO)

Les parois internes de nos broches sont recouvertes d’une couche protectrice appelée muqueuse. Cette dernière est constituée de plusieurs couches de cellules formant l’épithélium bronchique.

La couche la plus superficielle de cet épithélium est formée de cellules ciliées, des cellules possédant des sortes de cils vibratiles qui rejettent grâce à leurs battements les poussières, les microbes et autres impuretés hors des poumons.

Il existe aussi au sein de cette muqueuse des cellules glandulaires. Celles-ci sécrètent continuellement du mucus qui protège les bronches en piégeant les impuretés pour les empêcher d’atteindre les alvéoles pulmonaires.

La fumée toxique et irritante du tabac perturbe le fonctionnement de cette muqueuse bronchique et la détruit peu à peu.

Dans les premiers mois ou premières années de tabagisme, les cils vibratiles des cellules bronchiques battent de plus en plus lentement et perdent progressivement leur cohésion (battement anarchique). Ce système d’épuration n’étant plus suffisamment efficace, l’organisme développe un mécanisme de compensation représenté par la toux.

D’un autre côté, les substances irritantes du tabac agressent la muqueuse bronchique. Les cellules glandulaires réagissent en produisant des quantités excessives de mucus. Et puisque les cils vibratiles ne fonctionnent pas correctement, ce mucus stagne dans les bronches provoquant alors une « obstruction bronchique ».

Après plusieurs années de tabagisme, l’obstruction bronchique devient de plus en plus importante, une inflammation chronique s’installe (bronchite chronique), les petites alvéoles pulmonaires disparaissent et la fonction respiratoire se dégrade progressivement. C’est ce qu’on appelle la « bronchopneumopathie chronique obstructive » ou « BPCO ».

La BPCO est une maladie respiratoire chronique d’aggravation progressive altérant considérablement la qualité de vie des personnes qui en sont atteintes. Son traitement, outre les médicaments bronchodilatateurs et anti-inflammatoires, repose en grande partie sur l’arrêt du tabac !

En effet, les bénéfices à long terme de l’arrêt du tabac pour la BPCO sont bien connus. D’après certaines études, cesser de fumer ralentit significativement le déclin de la fonction pulmonaire et améliore énormément la qualité de vie, même chez les personnes souffrant de BPCO très sévère.

Cesser de fumer permet, entre autres, de réduire l’inflammation chronique des bronches, de diminuer la production excessive de mucus et d’améliorer le fonctionnement des cils vibratiles.

Les bienfaits de l’arrêt du tabac se font même sentir dès les premiers jours ou premières semaines avec une réduction des expectorations (crachats), une amélioration de la capacité respiratoire (moins d’essoufflement) et une diminution des sifflements respiratoires (indiquant une réduction de l’obstruction bronchique).

Plus l’arrêt du tabac est précoce, plus les bénéfices sur l’évolution de la BPCO sont grands. Toutefois, il faut garder à l’esprit qu’il est toujours bénéfique d’arrêter de fumer, quels que soient l’âge et la sévérité de la maladie.

Seul le sevrage tabagique permet d’obtenir une amélioration significative des symptômes de la BPCO et de la qualité de vie des personnes qui en souffrent. Les autres traitements (bronchodilatateurs, anti-inflammatoires…) ne suffisent absolument pas !

Le tabac expose à toutes sortes d’infections respiratoires

Les mécanismes de défense de l’appareil respiratoire sont fortement perturbés chez les fumeurs : les battements des cils vibratiles et la fonction d’épuration sont diminués, les cellules immunitaires présentes au niveau de la muqueuse bronchique sont moins efficaces.

Cette altération des mécanismes de défense expose les fumeurs à toutes sortes d’infections respiratoires, qu’elles soient virales, bactériennes ou parasitaires.

Une personne qui fume un paquet de cigarettespar jour (20 cigarettes/jour) a 3 fois plus de risque de contracter une pneumonie communautaire (infection pulmonaire due à des germes communs).

Le tabac favorise de nombreuses infections respiratoires, en voici quelques-unes des plus notables :

  • Le rhume : les fumeurs sont 2 fois plus touchés par le rhume que les non-fumeurs.
  • La grippe : les fumeurs ont plus de risque de présenter une forme sévère de grippe et d’en mourir par rapport aux non-fumeurs.
  • La tuberculose : le tabac favorise le développement de la tuberculose et influence négativement son évolution.

L’arrêt du tabac permet à l’appareil respiratoire de reprendre un fonctionnement normal et de mieux se défendre contre les différentes infections.

Le tabac possède des effets délétères chez les personnes souffrant d’asthme

Il faut savoir que la prévalence du tabagisme chez les personnes souffrant d’asthme est identique à celle de la population générale, c’est-à-dire entre 17 et 35 %. Autrement dit, les asthmatiques fument tout autant que les personnes indemnes de cette maladie respiratoire chronique !

Grâce aux résultats de nombreuses études, plusieurs liens ont été établis entre le tabagisme et l’asthme :

  • Le tabagisme favorise le développement del’asthme, particulièrement les formes tardives (qui apparaissent à un âge avancé).
  • Les symptômes de l’asthme semblent plus sévères chez les fumeurs et le recours aux médicaments de secours est plusfréquent par rapport aux non-fumeurs.
  • La qualité de vie des asthmatiques fumeurs est altérée davantage comparativement à celle des asthmatiques non-fumeurs.
  • Le taux demortalité dans les 6 ans après un épisode d’asthme aigu grave (forme très sévère d’asthme) est nettement plus élevé chez les fumeurs.
  • Les médicaments contre l’asthme (corticoïdes inhalés et oraux) sont moins efficaces chez les asthmatiques fumeurs.

Il est important de préciser que tous ces effets néfastes concernent non seulement les fumeurs actifs, mais également les fumeurs passifs !

En effet, en exposant son entourage, particulièrement les enfants, au tabagisme passif, le risque qu’ils développent un asthme augmente, surtout s’ils possèdent une prédisposition génétique à cette maladie (terrain d’atopie).

Conclusion

Arrêter de fumer permet de réduire considérablement son risque de développer des cancers respiratoires tels que le carcinome pulmonaire, les cancers de la cavité buccale et du larynx.

Ça permet aussi de prévenir l’apparition ou l’aggravation d’une BPCO, voire d’obtenir une amélioration clinique significative chez les personnes qui en sont déjà atteintes !

Écraser sa dernière cigarette permet de se protéger contre d’innombrables infections respiratoires telles que les pneumonies, le rhume, la grippe, la COVID-19 et la tuberculose.

Arrêter de fumer ça permet de se protéger soi ainsi que son entourage (tabagisme passif) du risque de développer ou d’aggraver un asthme.